Blocus des lycées à Rennes : les cours en ligne perturbés par des manifestants virtuels
Depuis quelques jours, les vidéos se multiplient sur les réseaux sociaux. On y voit des écrans quadrillés de dizaines d’icônes, comme autant de personnes connectées à une visioconférence, et dans un capharnaüm le plus total. Il s’agit de cours en ligne dispensés par des enseignants de lycées et de facultés bloqués depuis une semaine et désormais squattés par des manifestants virtuels. Le blocus lycéen se poursuit en ligne.
Le fonctionnement est simple. Tout cela s’organise sur un groupe en ligne, qui compte environ 300 membres,explique un lycéen de Jean-Macé, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Lorsque des élèves ou étudiants reçoivent les liens et les mots de passe pour accéder à des cours en ligne, ils les partagent dans la conversation. L’objectif est qu’un maximum de personnes rejoignent le cours en ligne pour le perturber. Musique, slogans : les manifestants virtuels utilisent leurs micros pour empêcher le cours de se tenir.
Au-delà de la perturbation, le lycéen dénonce aussi les inégalités liées à l’enseignement à distance. Certains n’ont pas d’ordinateur chez eux. Le passage au virtuel ne garantit pas une éducation égale pour tout le monde.
Le blocus change ainsi de terrain, mais pas de revendications : derrière les écrans, les élèves continuent de réclamer les mêmes moyens et les mêmes conditions d’étude pour tous.