« Donner un cadre solide » : ce député du Morbihan veut modifier la Constitution pour protéger les langues régionales

En Bretagne, le nombre de locuteurs parlantbreton ou gallo - l'autre langue de la région - s'est effondré en une décennie sous l'effet du vieillissement de la population. Selon une étude menée en 2024 par les services du Conseil régional, on ne dénombrerait plus qu'une centaine de milliers de pratiquants pour chacune des deux langues, la moitié d'il y a dix ans. Face à cette baisse, la région a fortement augmenté ses lignes budgétaires consacrées au soutien à l'enseignement, qui devraient atteindre quelque 11 millions d'euros en 2027.
Langues à la peine
Le problème n'est pas propre à la région. Occitan, picard, alsacien, basque… L'ensemble des langues régionales connaissent la même évolution. C'est pourquoi le député du Morbihan Paul Molac (groupe Libertés et Indépendants) et son collègue des Pyrénées-Atlantiques Peio Dufau (socialistes et apparentés), qui président le groupe d'études « Langues et cultures régionales » de l'Assemblée nationale, viennent de déposer une proposition de loi constitutionnelle « visant à garantir l'usage, la protection et la promotion des langues régionales ». Selon Paul Molac, cette initiative a d'ores et déjà été cosignée par 80 députés issus de neuf groupes parlementaires. « Près d'un an après la publication du rapport du Sénat consacré à la mise en oeuvre de la loi du 21 mai 2021 relative aux langues régionales que j'avais portée, il apparaît donc nécessaire de franchir une nouvelle étape », note le député breton.
Modifier la Constitution
Concrètement, la proposition vise à compléter l'article 2 de la Constitution afin d'y préciser que « la langue de la République est le français, dans le respect de l'usage, de la promotion et de la protection des langues régionales ». Le texte propose également de modifier l'article 34 de la Constitution afin de permettre au législateur de définir clairement le statut des langues régionales, en particulier leur usage dans les services publics ou les administrations. « Il s'agit de donner un cadre constitutionnel solide aux politiques menées en faveur de nos langues et sécuriser les nombreuses initiatives développées dans les territoires », résume Paul Molac, qui rappelle qu'un sondage Ifop a fait apparaître que trois quarts des Français se disent favorables à une « reconnaissance officielle » des langues régionales.