Revue de presse

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« Si on ne fait rien, il n’y aura plus d’eau dans quelques semaines », alerte le maire de Brest

actu.fr · 08/10/2026 · ← revue

Après la sécheresse et les faibles pluies enregistrées pendant l’été, les réserves d’eau du département sont au plus bas. Ce jeudi 8 octobre 2026, différents élus donnaient une conférence de presse aux côtés de tous les acteurs de l’eau du territoire pour alerter sur une situation « qui n’est plus critique mais écarlate ». Résultat, tous les consommateurs doivent faire un effort, particuliers et entreprises. Dans le nord Finistère, la consommation se répartit quasi à parts égales entre les deux.

La faute à la pluie, trop rare

L’été a été trop chaud et pas assez arrosé. « La pluviométrie en juin, juillet et août a été 60 % plus basse que la moyenne observée ces quarante dernières années. » Résultat, le barrage du Drennec, la principale retenue d’eau qui dessert l’agglomération brestoise depuis 1979, a vu son niveau diminuer au fil de l’été pour atteindre aujourd’hui un seuil critique. « Lors des canicules de 2003, 2011 et 2022, la situation n’était pas aussi grave mais actuellement, le Drennec est 6 mètres en dessous de son niveau de remplissage », explique Philippe Rybski du syndicat du bassin de l’Elorn. « Il n’est rempli qu’à 32 %. »

Le sud Finistère déjà en crise

« Demain le préfet du Finistère va annoncer de grosses restrictions pour le sud du département, Douarnenez et le pays Bigouden », a prévenu Stéphane Roudaut. « Dans moins d’un mois, s’il n’y a pas de pluie et que les consommations ne baissent pas, ces mesures nous concerneront. » Mais quelles mesures ? « Dans un premier temps, il s’agirait de réduire au plus bas le débit des robinets », détaille Noémie Saint-Hilary, d’Eau du Ponant. Mais que devons-nous faire ? Les consommateurs sont invités à diminuer leur consommation au quotidien. Eau du Ponant propose un guide pour réguler nos usages d’eau potable. Alors que la consommation moyenne des Finistériens s’élève à 112 litres au quotidien, « il faudrait descendre à 70 litres pour passer ce moment critique ». L’eau est en train de devenir une denrée rare dans un département qui n’est pas censé manquer de pluie. C’est un comble. Stéphane Roudaut l’a répété, « une stratégie globale de tous les territoires doit être mise en place. À Brest, la station d’épuration du port est sous dimensionnée et elle se trouve sous le niveau de la mer. C’est aussi un problème qu’il faudra régler dans les trois prochaines années ».

Des travaux indispensables

L’usine de pompage de Pont ar Bled où se tenait la réunion va faire l’objet d’une grande vague de modernisation pour 42 millions d’euros d’investissement. « Après ces travaux, l’usine disposera d’une réserve d’eau équivalente à 24 heures de consommation si le pompage devait être interrompu à cause d’une pollution, contre quelques heures actuellement », a détaillé Noémie Saint-Hilary. « 7 millions d’euros vont aussi être consacrés chaque année à la rénovation du réseau de distribution pour traquer les éventuelles fuites. » L’agriculture et l’agro alimentaire sont aussi des secteurs à prendre en compte. « La plupart des acteurs agricoles disposent de leurs propres captages mais ils sont à secs et ces professionnels se tournent aujourd’hui vers le réseau de distribution d’eau potable », a prévenu Henri Billon de la communauté de communes du pays de Landivisiau. Il faudrait 200 mm de pluie dans le mois pour inverser cette tendance. « Si on ne fait rien, il n’y aura plus assez d’eau pour tout le monde », a prévenu Stéphane Roudaut. « Dans cette situation de crise, les hommes et les animaux seraient servis en priorité, mais beaucoup d’entreprises devraient s’arrêter avec des conséquences économiques terribles ». Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.