Revue de presse

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Blocus des lycées : en Belgique aussi les élèves manifestent, en solidarité avec leurs enseignants

Ouest-France · 07/10/2026 · ← revue

Si les blocus de lycées en France durent depuis trois semaines, les élèves du secondaire en Belgique francophone ont aussi commencé leur propre mouvement de contestation, depuis le 1er octobre 2026. Chez nos voisins, c’est une réforme de l’enseignement qui met le feu aux poudres. Adoptée par le parlement (centre-droit) de la fédération Wallonie-Bruxelles le 5 juin 2026, une grande partie des syndicats enseignants s’y oppose.

Cette réforme a notamment acté l’alourdissement du temps de travail des professeurs, passant de 20 à 22 heures de cours hebdomadaires, ou encore l’augmentation des frais d’inscription à l’université. La fédération Wallonie-Bruxelles, compétente en matière d’éducation, prévoit un budget 2027 avec 500 millions d’euros d’économies. En 2025, la fédération a consacré 10,65 milliards d’euros à l’éducation.

La rentrée avait déjà été marquée par des actions de contestations. Des milliers d’enseignants avaient défilé le 10 septembre à Liège, dénonçant les répercussions des économies demandées par le gouvernement. Les syndicats pointaient « la baisse de l’encadrement, la hausse des coûts pour les familles » et estimaient à « 2 000 le nombre d’équivalents temps plein supprimés dans les écoles », comme l’indiquent nos confrères de L’Avenir .

Liège : l’épicentre de la colère

C’est donc parfois en solidarité avec leurs professeurs que les élèves manifestent, depuis le début du mois. Les mobilisations sont les plus importantes à Liège, au nord du pays, où des violences éclatent, comme en France. Mardi 6 octobre 2026, des policiers en tenue antiémeute ont dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule en centre-ville, où plusieurs commerces ont été vandalisés et du mobilier urbain détruit, d’après l’Agence France-Presse.

Le mouvement s’est aussi étendu à d’autres grandes villes telles que Mons ou Charleroi.

« Les élèves se mobilisent par eux-mêmes »

Dans un communiqué publié le 2 octobre, la ministre de l’éducation de la fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny, a condamné ces violences et ces dégradations : « Chacun a évidemment le droit de contester une décision, de manifester et de faire entendre son désaccord. Mais rien ne peut justifier la violence », a souligné cette membre du parti libéral Mouvement réformateur. Sa comparaison du mouvement belge à la contestation en France n’est pas passée au sein des élèves : « Des modes d’action violents observés récemment en France cherchent aussi à être importés en Belgique », écrivait la ministre. Le Comité des élèves francophones (CEF) a rejeté ce lien avec l’actualité française en rappelant les spécificités de leur mouvement et regrettant le « rapport paternaliste du monde politique » : « Ce sont vraiment les élèves qui se mobilisent par eux-mêmes », a répondu Logan Verhoeven, directeur de la structure, cité par Le Monde .