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Présidentielle 2027 : l'Institut Montaigne veut cibler les revalorisations sur les jeunes professeurs des écoles

Les Échos · 06/10/2026 · ← revue

Le mouvement lycéen braque les projecteurs sur les lycées. Mais c'est sur l'école primaire qu'il faut investir, insiste l'Institut Montaigne dans ses propositions en vue de l'élection présidentielle qu'il publie ce mardi. Le think tank libéral, qui avait été l'un des premiers à pointer dans un rapport remarqué en 2010 (*) le « sous-investissement » de la France durant les premières années d'école, continue de soutenir que l'effort financier de la France « masque une anomalie stratégique ». « Nous finançons la remédiation plutôt que la prévention », écrit le think tank dans son chapitre consacré à l'éducation, en indiquant que la dépense par élève dans le primaire reste « inférieure de 11 % à la moyenne de l'OCDE ».

Un discours à contre-courant

C'est sur le primaire aussi que l'Institut Montaigne suggère de faire porter les revalorisations des enseignants, « faute de marges de manoeuvre permettant une hausse indifférenciée pour les 850.000 agents de l'Education nationale ». Alors que nombre d'acteurs soulignent l'importance de revaloriser les milieux de carrière - qui n'ont pas obtenu de revalorisation depuis dix ans -, le think tank plaide pour « augmenter la rémunération des professeurs des écoles en début de carrière ». Un discours à contre-courant de nombre d'observateurs, alors que l'OCDE rappelait le mois dernier que le salaire des enseignants français en début de carrière avait « progressé de 7 % en prix constants entre 2015 et 2025 » tandis que celui des milieux de carrière « n'a pas bougé entre 2015 et 2025 ». « Avec une rémunération mensuelle nette de base de 2.121 euros, les professeurs des écoles débutants restent sous-payés par rapport à la moyenne de l'OCDE », maintient le think tank, qui propose un « objectif » à 2.400 euros « grâce à un plan de revalorisation sur cinq ans ».

Elargir le dédoublement des classes

L'Institut Montaigne prévoit de financer cette augmentation « intégralement » par le « dividende démographique ». « Le reflux du nombre d'élèves permettra le non-remplacement progressif d'un départ à la retraite sur cinq dans le secondaire, ajoute le think tank, libérant ainsi la masse salariale nécessaire pour sanctuariser l'école primaire. » La priorité au primaire conduit l'Institut Montaigne à préconiser un élargissement de la politique de dédoublement des classes dans les endroits les plus en difficulté (REP et REP +) dès la moyenne section de maternelle. Cette diminution du nombre d'élèves par classe doit toutefois, selon le think tank, s'accompagner d'autres mesures. « La réduction des effectifs ne produit pas, à elle seule, d'amélioration durable des résultats, écrit l'Institut Montaigne. Elle doit aller de pair avec la transformation des pratiques pédagogiques et le renforcement de l'intensité des apprentissages. » L'Institut Montaigne propose de « corréler » ces dédoublements à l'affectation des enseignants les plus expérimentés et de renforcer « la stabilité des équipes » en mettant en place « des primes de 1.500 à 2.000 euros par an pour les enseignants affectés en classes dédoublées ». Quant aux autres élèves scolarisés hors éducation prioritaire, « l'objectif à cinq ans » consisterait à atteindre un nombre de 13 élèves par classe dans les classes de CP, CE1 et CE2, jugées déterminantes. (*) « Vaincre l'échec à l'école primaire », à lireici.

Marie-Christine Corbier