Revue de presse

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Blocus des lycées : à Flers, une manifestation entre hommage et revendications

Ouest-France · 06/10/2026 · ← revue

La manifestation n’a pas commencé par les revendications. Au micro, sur la place du marché de Flers (Orne), Ilies Benmatallah, président de l’association Les jeunes voix du Bocage, demande une minute de silence.

Hier soir, Yasin Ben Kouider, élève de seconde au lycée Guéhenno, a perdu la vie lors d’un accident de la route à trottinette. Une fois le recueillement terminé, une demi-douzaine de lycéens ont pris la parole devant l’assemblée pour témoigner des difficultés observées dans leur établissement.

On veut des volets qui ferment, des faux plafonds qui n’ont pas de trous, des vidéoprojecteurs qui fonctionnent et des professeurs qui sont remplacés lorsqu’ils sont absents, débute un premier élève au micro, avant que ces camarades ne reprennent les revendications nationales de la plupart des lycéens mobilisés.

La généralisation des horaires de 8 h à 18 h, n’est pas garante de résultat, comme le montre le classement Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves, N.D.L.R.) et la 27e place de la France, poursuit une camarade.

« Choqué par ce qu’il s’est passé vendredi »

Cette après-midi, ce sont 270 personnes qui ont défilé entre la place du marché et le stade Saint-Sauveur, selon la police, dont une grosse moitié d’adultes, professeurs et encadrants des lycées Guéhenno et Saint-Thomas-d’Aquin, militants CGT ou simples soutiens.

Concrètement, les jeunes étaient moins nombreux que lors du blocus du lycée Guéhenno vendredi 2 octobre, lorsque 250 lycéens avaient partagé leurs revendications, avant que la situation ne dégénère en scènes d’affrontements avec la police. Des débordements qui ont particulièrement marqué élèves et encadrants.

Tout au long du parcours, les professeurs du lycée Guéhenno portent au bras un brassard vert en signe distinctif. Nous sommes là pour accompagner et protéger la manifestation et nos élèves. On a été particulièrement choqué par ce qu’il s’est passé vendredi, témoignent Cécile Maunoury et Emmanuel Jaboeuf, professeurs de physique-chimie et de maths. Vendredi, on avait entendu des insultes racistes venues de la police et vu une élève réfugiée se faire gazer de très près.

Aucun débordement signalé

En remontant la rue du 6 juin, les lycéens occupent la tête de cortège. En cœur, ils reprennent les slogans scandés au mégaphone. On veut des moyens, pas des promesses !, étudier est un droit, pas un privilège !, on veut un parcours sûr, pas de Parcoursup. Il n’y a pas d’autre solution que le blocage et la grève pour faire changer les choses, les avaient encouragés au préalable Grégory Cordurié, secrétaire de l’Union locale de la CGT.

À proximité du la place Claudius-Duperron, le cortège se tait. La veille c’est ici qu’un de leur camarade a perdu la vie. De la scène d’horreur, il ne reste plus que des dizaines de fleurs, posées sur le trottoir.

Avant que le cortège ne reprenne sa marche, au son des slogans contre l’extrême-droite et le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray.

Sur l’enceinte tractée en tête de cortège, la playlist ne ressemble pas toujours à celle des manifestations syndicales. Aux chansons revendicatives, se mêlent les mélodies des chanteurs et chanteuses préférées des jeunes, sur des chansons revendicatives ou non, signe de l’ambiance festive de la journée.

La mobilisation va continuer

Aucun débordement n’a été signalé sur l’ensemble de la manifestation. Réunis en assemblée générale, les élèves ont décidé de continuer leur mobilisation par l’organisation d’un nouveau blocus dès le lendemain, mercredi 7 octobre.

Au sein du territoire de Flers agglo, les élèves du lycée des Andaines de La Ferté-Macé se sont également mobilisés ce 6 octobre. Plus de soixante lycéens se sont rassemblés devant les grilles de leur lycée.