Revue de presse

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« Il pleut dans les salles de classe » : des centaines de lycéens rassemblés devant la préfecture du Morbihan

actu.fr · 06/10/2026 · ← revue

« Plus d’enseignants, moins de policiers ». Plus de 700 personnes dont des lycéens et des membres de l’intersyndicale ont manifesté à Vannes (Morbihan) ce mardi 6 octobre 2026 pour l’acte III de la mobilisation lycéenne. Que demandent-ils ?

Plus de 700 personnes à Vannes

Cette journée du mardi 6 octobre 2026 est marquée par un mouvement de grève et de manifestations nationales, caractérisé par un rassemblement entre les syndicats et les lycéens. À Vannes, le rassemblement a débuté à midi sur l’esplanade du port avec plus de 700 personnes au plus fort de la mobilisation d’après les renseignements généraux. Les organisations syndicales des Forces ouvrières, FSU, CGT Éduc’action, l’UNSA, le Snes-FSU, la CFDT, Sud et Solidaires et le collectif Nous Toutes Vannes étaient présentes pour soutenir ce mouvement.

De meilleures conditions de travail demandées

Le cortège est d’abord passé par la rue du Mené en chantant la Marseillaise, puis s’est arrêté devant la préfecture reprenant à nouveau ce refrain, puis en faisant entendre leurs revendications au mégaphone :

  • Une augmentation des moyens budgétaires et humains pour l’Éducation nationale.
  • Le remplacement immédiat des enseignants absents.
  • La rénovation des bâtiments scolaires jugés insalubres.
  • La suppression ou la réforme profonde de Parcoursup et du Bac.

Certains élèves se sont aussi plaints des rythmes scolaires qu’ils jugent « surchargés avec des journées de 8 h à 18 h ». Rose, élève de 1ère, a demandé que les coupes budgétaires cessent. Une autre élève souhaite que son lycée Charles De Gaulle soit rénové : « il pleut dans les salles de cours et les professeurs absents ne sont pas remplacés ». Certains ont aussi expliqué que leurs conditions de travail pendant la canicule de mai 2026 avaient été intenables.

Dénonciations d’interpellations

Depuis le début du blocus des lycées initié le 29 septembre 2026, la préfecture du Morbihan a chiffré une dizaine d’interpellations survenues à la suite de dégradations commises au sein d’établissements, mais aussi de violences ayant éclaté aux abords de ces derniers. Les élèves ont dénoncé ces interpellations notamment « trois arrestations » qu’ils jugent arbitraires : « j’ai une copine qui a été plaquée contre un mur » déclare Félix. Deux élèves ont en outre été choquées par l’interpellation d’une lycéenne de première à Vannes, le lundi 5 octobre 2026 : « Elle a été traînée par les policiers » rapportent-elles. Faits contestés par les forces de l’ordre : « elle a été portée » corrigent-ils. Mais pour les deux jeunes filles, cette lycéenne ne faisait rien d’illégal en parlant dans un mégaphone.

Sit-in devant le commissariat

Devant le poste de police, les lycéens et les syndicats présents qui n’étaient plus que 400 environ ont ensuite fait un sit-in, pour bloquer le rond-point du Palais-des-Arts. Lors de prises de paroles, ils ont dénoncé des faits de violences policières présumées comme celle d’un lycéen de 15 ans ayant eu la main arrachée après l’explosion d’une grenade, ainsi que la plainte pour tentative de meurtre d’un lycéen après une interpellation musclée dans un cours d’eau lors d’un blocus à Belfort. Sur le giratoire, les manifestants ont d’abord scandé « Acab » qui signifie « all cops are bastards », avant d’inviter les forces de l’ordre à rejoindre leur mouvement : « Si vous ne voulez pas qu’on dise ça, protégez-nous. Vous aussi vous travaillez pour ceux qui nous contrôlent. Venez avec nous » leur ont-ils suggéré. La confrontation est restée pacifique, après une ou deux prises à parti et invectives de certains manifestants qui se sont adressés aux policiers de manière plus agressive, des membres de la CGT les ont enjoints à ne pas les provoquer inutilement. Lors d’une assemblée générale qui s’est tenue à la fin du rassemblement sur le rond-point, les lycéens ont prévu de poursuivre la mobilisation en bloquant des lycées demain.

Un droit de manifester encadré

Pour rappel, lors de ce mouvement, trois policiers ont été blessés, en plus des dégradations commises sur certains sites scolaires et des feux de poubelles et tirs de mortiers constatés aux abords des établissements. Le préfet du Morbihan a rappelé que »le droit de manifester ne saurait justifier aucune violence ni aucune atteinte aux forces de l’ordre, aux services de secours ou aux personnels de l’Éducation nationale ». Le syndicat des commissaires de la Police Nationale (SCPN) a par ailleurs rappelé les règles du droit de manifester à ce lien, en proposant notamment des rencontres entre commissaires de police et organisations lycéennes : « pour échanger, expliquer et mieux comprendre les phénomènes de foule, les dangers liés aux violences urbaines, ainsi que les raisons pour lesquelles les mouvements revendicatifs doivent être organisés en lien avec les préfectures et les services de police ». Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.