Présidentielle 2027 : ce que les jeunes attendent vraiment

Défiante, mais pas désengagée. La consultation nationale dévoilée par Ipsos BVA, ce mardi, dit beaucoup des attentes de la jeunesse en vue de l'élection présidentielle. Plus de 3.000 répondants âgés de 18 à 29 ans ont été interrogés cet été au travers d'une enquête en ligne et sur les réseaux sociaux. A la différence d'un sondage classique, avant la consultation nationale, les propositions ont été imaginées, débattues et arbitrées par les jeunes eux-mêmes dans le cadre de l'initiative « Jeunesse 2027 », avec l'aide de chercheurs, économistes, experts et représentants de la société civile. Cette initiative a été lancée par le président de l'université d'Aix-Marselle Eric Berton, qui estime que la « responsabilité » de l'université est « de permettre aux jeunes de prendre part au débat public ».
Dix priorités
L'enquête met en lumière « un paradoxe », selon Ipsos BVA : « Une forte défiance envers le politique, mais une réelle volonté de participer à l'élection présidentielle. » Cette défiance est sans appel : 78 % des jeunes estiment que les responsables politiques actuels « préparent mal leur avenir » et 82 % les jugent « trop éloignés des réalités de la jeunesse par leur âge ou leur parcours ». Ils sont pourtant 80 % à déclarer avoir l'intention d'aller voter en 2027. Quel est leur état d'esprit ? La génération interrogée redoute le déclassement, et ce sentiment est massif : 89 % des répondants pensent qu'ils devront travailler plus longtemps que les générations précédentes pour bénéficier d'une retraite ; 86 %, qu'ils auront davantage de difficultés à accéder à la propriété ; 84 % anticipent davantage de difficultés à trouver un emploi stable. Avec ces mauvais chiffres, 79 % ont déjà envisagé de construire leur vie ailleurs qu'en France, « dont 34 % sérieusement ». Dans le cadre du projet « Jeunesse 2027 », les jeunes ont fait émerger eux-mêmes les sujets et les propositions qu'ils voudraient voir considérés à l'approche de l'élection présidentielle. Dix priorités en ressortent, qui seront présentées à partir de ce mardi aux candidats à l'élection présidentielle et à leurs équipes. Santé, logement, environnement… La première consiste à réclamer un bilan de santé gratuit à tous les jeunes de 20 ans, pour faire de la prévention une vraie politique publique : 62 % des personnes interrogées soutiennent cette proposition. La santé mentale devrait faire l'objet d'ateliers de sensibilisation « à chaque étape de la scolarité, avec des professionnels spécialisés », réclament aussi 52 % des sondés qui, pourtant - sur cette tranche d'âge des 18-29 ans -, assurent à 72 % qu'ils vont « bien » et à 86 % qu'ils se sentent « en bonne santé ». Vient ensuite l'idée de rendre obligatoire la prise en compte des résultats des pétitions, conventions citoyennes et référendums d'initiative citoyenne dans la décision publique : 61 % des jeunes interrogés la réclament. La place du vivant et sa protection devraient être « une priorité nationale régalienne au même titre que la défense ou la sécurité », pour 60 % des sondés. Ils sont tout aussi nombreux à réclamer que l'impact sur le climat et la biodiversité des entreprises devienne « un critère majeur dans l'attribution des marchés publics ».
VIDEO - Les jeunes souffrent-ils plus que leurs aînés
Le logement est une préoccupation importante : 59 % des jeunes interrogés réclament une amélioration de la garantie locative actuelle pour qu'elle soit plus simple et reconnue par tous les propriétaires afin de « faciliter l'accès au logement des jeunes sans garant ».
Mieux relier formation et emploi
En matière de formation, plus d'un jeune sur deux (56 %) voudrait un « plan national » pour adapter les formations aux besoins du marché du travail et valoriser les filières professionnelles. Cette demande consistant à mieux relier formation et emploi est pourtant régulièrement balayée par des syndicats étudiants qui refusent tout « adéquationnisme ». La demande d'aide en matière d'orientation est forte : 54 % des répondants voudraient faire de l'orientation « un droit scolaire », et instaurer une heure de cours d'orientation toutes les deux semaines, pour mieux connaître les différentes filières. En matière de recherche de stage ou d'alternance, 47 % des sondés voudraient « garantir un recours anti-discrimination ». Les 18-29 ans s'inquiètent enfin pour leur retraite : près d'un sondé sur deux (49 %) aimerait que l'engagement citoyen soit pris en compte dans son calcul.