TÉMOIGNAGES. Blocus des lycées : « On a l’impression d’être invisibilisés » derrière la violence et « les casseurs »
Ils ont 15, 16, 17 ans ou 18 ans. Depuis plusieurs jours, ces lycéens se mobilisent dans plusieurs villes à travers l’Hexagone. Ils parlent de leurs cours, de leurs professeurs absents, de classes trop chargées, de bâtiments mal isolés, de budgets qui diminuent. Certains racontent aussi la peur, les gaz lacrymogènes, les incendies ou les affrontements. D’autres redoutent de perdre des heures de cours à quelques mois du bac.
Derrière les images de barricades, de poubelles renversées et de violences, une autre parole cherche à se faire entendre. Celle d’une génération qui dit vouloir défendre son école et ses conditions d’étude. Élèves et parents racontent une mobilisation entre colère, solidarité, peur et envie d’être enfin entendus.
À Nantes (Loire-Atlantique), Eminence, 16 ans, lycéenne à La Colinière, est restée près du blocage jeudi matin pour « faire valoir notre parole » et montrer que les élèves étaient nombreux. Si la présence de casseurs l’a inquiétée, elle regrette surtout que leur mobilisation soit passée au second plan : « On a l’impression vraiment d’être invisibilisés. »
Pour elle, les revendications sont pourtant très concrètes : « Le manque de moyens, notamment dans la culture, mais aussi les absences de professeurs. » Elle raconte avoir vu des camarades rester un mois sans professeur. Lorsque les forces de l’ordre sont arrivées, elle dit avoir vu des lycéens et des enseignants gazés alors qu’ils étaient pacifiques. « Et du coup, forcément, ça donne envie de rentrer chez soi alors que ce n’est pas le but. Le but, c’est de se faire entendre. » Son message au gouvernement tient en une phrase : « S’il y a un endroit qui est important, c’est dans les écoles, parce qu’on est le futur de la France. »
Mathis, 17 ans, est...