Revue de presse

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A Bergerac, des élus RN refusent de baptiser une école du nom d’Irène Sapir, rescapée de la Shoah devenue élue locale communiste

Le Monde · 05/10/2026 · ← revue

Des élus du Rassemblement national (RN) à Bergerac (Dordogne) ont justifié, lundi 5 octobre, leur opposition récente à une délibération rebaptisant une école du nom d’Irène Sapir, rescapée de la Shoah devenue élue locale communiste, par son « militantisme politique », l’intéressée déplorant un vote pas « vraiment républicain ». Mercredi dernier, trois conseillers municipaux du RN ont voté contre cette décision, finalement adoptée, estimant qu’une école « ne peut pas porter le nom d’une militante politique », élue bergeracoise de 1967 à 2001 sous les couleurs du Parti communiste français, qu’ils considèrent comme l’« héritier du stalinisme ». Irène Sapir, 89 ans, a fait partie des milliers de juifs arrêtés en juillet 1942 lors de la rafle du Vél’ d’Hiv, avant d’être déportée au camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau. Devenue enseignante, cette survivante a témoigné dans les établissements scolaires, dont l’école du Bout des Vergnes à laquelle la municipalité bergeracoise a donné son nom. « Son travail de mémoire auprès des jeunes mérite le respect. Ce parcours n’est pas le sujet », a déclaré Christian Gérard, élu RN âgé de 26 ans, lors de la séance. « Il m’a fait de la peine ce monsieur (…). Ce qu’il sait de moi, c’est que je suis communiste et que je suis d’origine juive, que je suis une rescapée d’un massacre immonde. S’il était vraiment républicain, il aurait voté », a réagi Irène Sapir au micro de la radio Ici Périgord.

« Héritier » d’un « passé qui ne passe pas »

« Tenter de disqualifier une femme de 89 ans en réduisant son existence à son appartenance politique est profondément indigne », a réagi pour sa part la sénatrice de Dordogne Marie-Claude Varaillas (PCF) dans un communiqué. Le maire de Bergerac, Fabien Ruet (Parti socialiste), a fustigé le RN comme « héritier » d’un « passé qui ne passe pas », rappelant que le Front national, ancien nom du parti, a été fondé notamment par d’anciens Waffen-SS. « Monsieur le maire se livre à une honteuse instrumentalisation dans l’unique but que nos élus soient harcelés médiatiquement », a répondu la section RN de Dordogne dans un communiqué, dénonçant le « militantisme politique de Mme Sapir » et qualifiant les accusations d’antisémitisme de « manipulation mensongère et calomnieuse ». Cette polémique intervient alors que Jordan Bardella, président du RN, est dans la tourmente après la révélation par Mediapart de messages antisémites datant de 2013, que le média en ligne attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. Ce dernier, dénonçant des « montages grossiers », a annoncé porter plainte pour diffamation et faux et usage de faux.