Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur) [cookies périmés]Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Blocus des lycées : des élèves moins nombreux dans les rues de Saint-Brieuc mais toujours déterminés

Ouest-France · 05/10/2026 · ← revue

La reprise des cours s’est faite dans le calme ce lundi 5 octobre 2026, dans les lycées de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Au Sacré-Cœur, où un appel au rassemblement avait circulé sur les réseaux sociaux la veille, l’établissement a fait appel à un service de sécurité privée. Les élèves doivent montrer patte blanche pour regagner leur classe.

Cependant, la sonnerie à peine tue, quelques dizaines de jeunes, venus de différents lycées et déterminés à poursuivre la mobilisation, se positionnent au bas du boulevard Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle. Les meneurs, visage masqué et capuche sur la tête, érigent une barricade à l’aide des conteneurs à ordures du lycée qu’ils aspergent d’essence. Cette action déclenche l’intervention immédiate de la police, la dispersion des élèves et le début d’un nouveau jeu du chat et de la souris à travers la ville, de lycée en lycée.

D’abord près de Chaptal où les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre répondent aux tirs de mortiers d’artifice. Puis à proximité de Rabelais où, à peine arrivés, les jeunes sont délogés. Très mobiles, ils utilisent tous les moyens de déplacement à leur disposition pour aller d’un point à un autre : à pied, en voiture, en trottinette, en scooter, ou… en Tub. La ligne TEO facilite leur arrivée en masse à Freyssinet, étoffant les rangs de la manifestation en quelques instants.

Depuis jeudi 1er octobre 2026, les abords de l’établissement sont devenus un lieu névralgique du mouvement lycéen. Au grand regret du proviseur Hervé Roverc’h : L’établissement fonctionne normalement, mais les élèves n’ont pas la tête au travail, constate-t-il.

Cette première incursion à Freyssinet ne sera pas la dernière de la journée. Après un détour à pied près de Jean-Moulin, les jeunes, repoussés par les gaz lacrymogènes de la police, reviennent à Saint-Jouan moins d’une heure plus tard. Lassés par ces va-et-vient, le gros des troupes patiente dans le calme sur les marches des entrées d’immeubles. Cependant, aux avant-postes, une poignée de perturbateurs cherche la confrontation avec les forces de l’ordre et multiplie les provocations : tirs de feux d’artifice, jet d’essence sur la chaussée, de bouteilles, d’un cocktail molotov, mise à feu de poubelles, insultes. Des provocations qui laissent impassibles la trentaine de policiers postés devant le lycée Freyssinet. Cette stratégie semble déconcerter les plus vindicatifs. Au plus fort de cette mobilisation, ils étaient 300 jeunes dans les rues de Saint-Brieuc.

À l’arrière, alors que l’heure du déjeuner approche, certains jettent l’éponge et font demi-tour. Les derniers agitateurs sont refoulés. Les pompiers interviennent pour circonscrire le feu de poubelles. En début d’après-midi, l’improvisation domine toujours chez les lycéens, qui naviguent à nouveau d’un établissement à l’autre, entre Freyssinet et Jean-Moulin. Devant ce lycée, la tension monte d’un cran. L’image se répète : tirs de mortiers d’artifice d’un côté, lacrymos de l’autre. Les policiers avancent ; les jeunes reculent en courant. Trouvent refuge dans des entrées. Les gorges et les yeux sont irrités. Des poubelles sont vidées sur la chaussée.

Des mesures dans les lycées pour mardi

Comme dans la matinée, le bruit fait sortir les salariés du centre Jacques-Cartier, établissement médico-social voisin de Jean-Moulin. Ils observent la scène. Une voiture sort prudemment. La circulation se fait au compte-gouttes. Aux alentours de 16 h, les grappes de lycéens se dispersent. Certains ont déjà prévenu qu’ils reviendraient demain.

Au Sacré-Cœur, la direction annonce que le dispositif de sécurité sera reconduit. À Rabelais, il est conseillé aux parents de garder leurs enfants à la maison, l’établissement ne pouvant garantir un accueil satisfaisant.