Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur) [cookies périmés]Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Blocus des lycées. « On se dit que nos enfants ne sont plus en sécurité » : les parents inquiets après les débordements

Ouest-France · 05/10/2026 · ← revue

Hélène traverse la place de la Sirène à la hâte ce lundi midi. La Mancelle de 42 ans est maman d’un garçon de 17 ans scolarisé au lycée Touchard-Washington au Mans. Ce dernier n’a pas pris part aux manifestations lycéennes organisées ces derniers jours. Il a un peu peur. D’autant plus après ce qui s’est passé à Tours, avec ce jeune qui a perdu un œil (touché par un tir de LBD : lanceur de balles de défense, NDLR) , explique-t-elle.

En plus, il est métis et il a déjà été pris à partie un jour lors d’une mobilisation donc il se méfie, ajoute Hélène qui a pris soin d’échanger avec son fils sur le sujet. Il ne me dit pas forcément tout. En tout cas, il ne veut pas participer à toute cette violence. Mais il a des copains qui sont en lien avec des groupes de casseurs et qui ont prévu de s’attaquer à je ne sais quels équipements ce mardi.

+ LIRE AUSSI DIRECT. Blocus des lycées : de nombreuses réactions après la main arrachée d’un lycéen après le jet d’une grenade

« Quand j’étais au lycée, j’en ai fait quelques-unes des manifs. Mais on lançait du PQ… »

Hélène n’était pas opposée initialement à ce que son fils participe aux revendications. Quand j’étais au lycée, j’en ai fait quelques-unes des manifs. Mais on lançait du PQ…, se désole-t-elle.

Je ne vous cache pas que ça me fait peur, exprime Thierry, croisé un peu plus tôt dans les rues mancelles, accompagné de son fils de 15 ans, qui a intégré le lycée Bellevue le mois dernier. Je préfère ne pas aller en cours, signale Evan. Il entend les revendications et il les respecte. Mais il préfère rester à l’écart. Et on ne s’en plaint pas étant donné la tournure des événements, souffle son père.

Chacun des parents d’élève sondés, à la veille de cette nouvelle journée de mobilisation, ne cache pas sa crainte à l’aune de cette escalade de violence. Mon fils est à Montesquieu où rien ne s’est passé. Mais des élèves de Bellevue ont quand même bloqué l’entrée du lycée la semaine dernière, déplore la mère de famille. Il a bien conscience qu’il est bien loti, par rapport à d’autres établissements qui manquent de moyens. Mais il ne comprend pas ces agissements qui ne servent pas la cause.

Bien qu’épargnés de prime abord, nos enfants ne sont pas à l’abri de se retrouver au milieu d’échauffourées entre les jeunes et la police. La preuve, mon fils s’est pris du gaz lacrymogène en rentrant à pied à la maison, quand il a traversé la place Washington, poursuit Géraldine.

Des parents d’élèves inscrits dans le privé ne se montrent guère plus rassurés. Comme Romain dont le fils est en première au lycée Notre-Dame. Des jeunes sont entrés dans l’établissement en grimpant par-dessus la grille la semaine dernière. Depuis, deux agents de sécurité montent la garde à l’entrée du lycée, signale-t-il. Sur le fond, on peut comprendre leur colère. Mais sur la forme, c’est du grand n’importe quoi. Et tout ça est encore très politisé malheureusement.

+ LIRE AUSSI Blocages des lycées. Quelles sont les procédures après l’interpellation d’un mineur par la police ou la gendarmerie ?

« On en discute tous les soirs »

En tant que parents, on se tracasse vraiment. On se dit que nos enfants ne sont plus en sécurité à l’école, lâche Sandra, maman d’une fille de terminale au Mans et d’un fils pensionnaire d’un lycée à Laval, lequel a fait l’objet de plusieurs intrusions la semaine dernière, informe la mère de famille sarthoise. Mon fils a même été confiné en classe. Il y a eu de la casse aux abords de l’établissement. Ce n’est pas rassurant quand même. Si bien que j’ai préféré aller le chercher moi-même.

Sandra fait en sorte d’entretenir le dialogue avec ses enfants. On en discute tous les soirs pour qu’ils comprennent bien ce qui se passe. Et aussi pour les mettre face à leurs responsabilités. Même s’ils sont solidaires de certaines revendications, notamment les difficultés et la pression liées à Parcoursup, à l’arrivée, ils ont peur de manifester.