Revue de presse

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Blocus des lycées : près de 200 élèves blessés, plus de 1 800 gardes à vue

Ouest-France · 05/10/2026 · ← revue

Que s’est-il passé ce lundi matin, devant le lycée Béhal, à Lens (Pas-de-Calais) ? Un lycéen de 15 ans, scolarisé en bac pro, a eu la main arrachée au cours d’une manifestation. Et a dû être transféré dans un centre hospitalier à Lille. « Ce matin, devant le lycée, nous avons eu plus que les jours précédents, un groupe de lycéens, 150 à 200, qui ont projeté toute une série de choses (N.D.L.R. : pierres, mortiers…) sur la police », a indiqué le préfet, François-Xavier Lauch. Une compagnie de CRS est alors intervenue. Et ensuite ? Selon une source policière, le lycéen aurait voulu ramasser une grenade (de désencerclement ?) pour la relancer, l’arme lui explosant alors dans la main. Mais une lycéenne, citée par La Voix du Nord, dément cette version : « Il l’a reçue dans sa main et, d’un seul coup, ça a explosé ! Il ne l’a pas ramassée, j’étais là, j’étais derrière lui, je l’ai vu. Il ne l’a pas ramassé. » Quant au procureur de Béthune, hier après-midi, il indiquait ne pas être en mesure de préciser ce qui s’était passé précisément. Il a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour enquête. Au lycée Auguste-Béhal, une cellule d’écoute a par ailleurs été ouverte et les cours sont désormais assurés en distanciel.

Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, a aussitôt réagi : elle appelle à « réformer nos lycées mais aussi la doctrine du maintien de l’ordre » et estime que le fait « que le ministre de l’Intérieur ne donne aucune consigne de retenue aux policiers, est une faute politique grave ».

190 élèves blessés

« J’ai le cœur en miettes », a confié pour sa part, à la presse, la mère d’Eden, 14 ans, grièvement blessé il y a une semaine par un tir tendu de lanceur de grenade lacrymogène devant son lycée de Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise. « Il a la mâchoire scellée, il ne peut plus parler et il s’alimente avec une paille », a-t-elle ajouté, au bord des larmes, dénonçant les violences « immondes » infligées à son fils qui a « toutes les dents du haut cassées » et « celles du bas, arrachées ».

Les parents de l’adolescent s’apprêtent à porter plainte auprès du parquet de Pontoise pour tentative d’homicide volontaire. Une enquête est déjà confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique avec usage d’une arme. Depuis le début du mouvement de blocus des lycées, 190 élèves ont été blessés, a indiqué le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray. Qui a jouté : « 78 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés, généralement par des personnes extérieures » aux lycées concernés.

À Aix-en-Provence, un mineur de 17 ans, soupçonné d’avoir jeté une pierre sur une passante grièvement blessée à l’œil jeudi dernier, en marge de manifestations lycéennes, a été interpellé et placé en garde à vue. À Paris, dans le XIIIe arrondissement, le lycée parisien Nicolas Louis Vauquelin a, lui, été touché par « un feu sur la porte d’entrée […] par des individus extérieurs (qui) n’étaient pas des lycéens de l’établissement », selon le rectorat.

Quatorze personnes en détention provisoire

Au total, ce lundi, selon le ministère de l’Éducation nationale, 413 lycées ont été perturbés, contre 517 vendredi, sur un total de 3 700 établissements. Pour autant, ces violences commises depuis plus d’une semaine ont entraîné de nombreuses poursuites. Le ministère de la Justice a ainsi communiqué un premier bilan. Depuis le début des violences, 5 060 individus ont été placés en garde à vue. Parmi eux, 87 % sont mineurs (4 406 individus) et 13 % sont majeurs (654 individus). 319 majeurs et 1 483 mineurs ont été placés en garde à vue. Et quatorze personnes ont été placées en détention provisoire (dix adultes et quatre adolescents).

À la veille de la grande manifestation lycéenne et étudiante de ce mardi 6 octobre 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, n’a pas caché sa crainte d’un embrasement au niveau national de ce mouvement de contestation. Interrogé sur Sud Radio, il a précisé que « 30 à 40 sites universitaires » étaient eux aussi lundi « soit bloqués soit fermés ».