Revue de presse

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Blocage des lycées. À l’écoute des jeunes, la proviseure de ce lycée breton aspire à « créer un espace d’expression »

Ouest-France · 05/10/2026 · ← revue

Ce matin, c’est fluide. Les élèves ont pu se rendre en cours. À 7 h 45, sur l’esplanade de son lycée de 1 700 élèves et étudiants, la proviseure de Félix-Le Dantec a la satisfaction d’un début de journée normal, ce lundi 5 octobre 2026. Rien à voir avec les deux jours précédents, marqués par des blocus et des affrontements avec les forces de l’ordre à Lannion (Côtes-d’Armor).

Suivez notre direct consacré au blocage des lycées dans les Côtes-d’Armor ce lundi 5 octobre 2026

L’arrêté préfectoral tombé quelques jours plus tôt, vendredi 3 octobre, n’y est sans doute pas étranger : tout rassemblement aux abords de l’établissement est dorénavant interdit. La perspective de débordement étant écartée à 8 h, la proviseure Pascale Le Flem s’en retourne donc dans l’enceinte du lycée, une caméra de LCP à sa suite.

Tournage au lycée

La Chaîne parlementaire a décidé de suivre le mouvement lycéen (1) en divers points de l’Hexagone : À Toulouse, Paris… sous des angles différents. Ici, à Lannion, nous voulons couvrir les événements notamment sous le prisme de la proviseure du lycée Le Dantec, explique l’équipe sur le terrain.

Il faut dire que le blocage des lycées met à l’épreuve les chefs d’établissements, confrontés à des débordements inédits. La sécurité de tous est à garantir, la crise à gérer au quotidien… On reçoit également des mails et coups de fil de parents, de lycéens…, évoque Pascale Le Flem, sans s’appesantir sur son sort.

Pour elle, la priorité est à l’écoute des jeunes. On doit réfléchir tous ensemble et créer un espace où ils pourront s’exprimer, pose la proviseure. Devant un café matinal, partagé notamment avec Yann Le Carrer, la discussion s’engage. Le responsable du service jeunesse de la mairie de Lannion va dans son sens : Ici aussi, des jeunes ont des choses à dire.

« Transformer les tensions en dialogue »

Il est question du stress que le contrôle continu génère chez les élèves de terminale. Mais aussi de Parcoursup, de la difficulté de pourvoir tous les postes d’enseignants. C’est incontestable : la perte d’attractivité du métier d’enseignant a une incidence ici aussi. Je manque notamment d’un prof en Sciences économiques et sociales (SES) pour une classe de 1re dont c’est pourtant la spécialité, illustre la proviseure.

Une heure plus tard, un courrier aux familles tombe sur leur application Pronote. Le lycée souhaite proposer dans les prochains jours un temps d’échange structuré et encadré au sein de l’amphithéâtre du lycée, lorsque la situation aux abords de l’établissement sera revenue au calme. La proviseure Pascale Le Flem y évoque un temps en présence d’adultes de l’établissement et auquel pourront être associés des élus locaux ou des représentants de différentes expressions légales de la vie publique et citoyenne afin de permettre un échange pluraliste, respectueux et éclairé.

Tout ceci dans un but : Permettre aux jeunes qui le souhaitent de mettre des mots sur leurs interrogations, préoccupations, revendications et de mieux comprendre les cadres dans lesquels peut s’exercer l’expression citoyenne.

À la veille d’une possible troisième journée d’action à Lannion, le lycée public affirme ainsi sa volonté de contribuer à transformer les tensions récentes en une occasion de dialogue, de réflexion et d’apprentissage de la vie démocratique. Une démarche à laquelle adhère le maire de Lannion, Éric Robert : Je m’y associerai volontiers, réagit l’élu.Je condamne fermement les heurts de jeudi et vendredi. Mais que les lycéens aient des revendications à porter, je m’en réjouis et faciliterai leur expression dans un cadre serein et sécurisé.

(1) Émission diffusée vendredi 16 octobre.