Revue de presse

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Dans leur nouveau lycée, des élèves de seconde disent leur désarroi à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, au sud de Nantes

Ouest-France · 05/10/2026 · ← revue

On ne les attendait pas forcément dans la contestation lycéenne, vu le tout jeune âge de cet établissement situé au sud de Nantes. Pourtant, une cinquantaine d’élèves de seconde (1) du nouveau lycée de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu occupaient les espaces extérieurs, ce lundi 5 octobre 2026. À 8 h 45, ils semblaient un peu désœuvrés autour de leurs pancartes en carton, où on lisait leur besoin d’être écoutés et leur colère devant la répression du mouvement. Ils sont calmes et leur contact avec les gendarmes, apaisé.

« Pas de bancs pour s’asseoir »

Ils savent qu’ils ne font pas partie des plus défavorisés sur le plan des conditions d’enseignement. On soutient les autres lycées. Nous, ça va, on est bien, mais ailleurs, c’est désastreux. Ce qui n’empêche pas les motifs de déception s’exprimer. On est quand même trente-six par classe. C’est trop. Les profs aussi le disent. Ils ne veulent plus faire de travaux en petits groupes, parce que ça fait trop de bruit. Une élève le dit franchement, ce lycée, il ne donne pas envie.

Ses camarades abondent, en mentionnant les pannes d’électricité du début, les fuites d’eau dans les toilettes, les chasses d’eau qui ne fonctionnaient pas, les vidéoprojecteurs inutilisables et les travaux qui se poursuivent au troisième étage. Ils regrettent l’étroitesse de la cour : Ce n’est même pas une cour, ce sont des allées avec des passerelles, il n’y a même pas de banc pour s’asseoir.

Autre inconfort cité, la chaleur qui règne dans certaines classes. On a trop chaud alors qu’on n’est même pas en canicule. Les fenêtres ne s’ouvrent pas à plus de dix centimètres. Elles claquent avec le vent. Un élève de bac pro électricité s’étonne qu’après un mois, il manque encore du matériel technique aux enseignants pour faire cours, et aussi un prof ».Ils parlent de la mauvaise qualité des tables et du baby-foot du foyer, déjà cassés ».À la cantine ? On met trop de temps pour manger. Même arrivés les premiers, on peut terminer à 13 h 40. » D’où leur interrogation : « Pourquoi ont-ils ouvert ce lycée alors qu’il n’est pas fini ?

« On nous met la pression »

Rien d’anormal, pour le proviseur Cyril Delacôte. Dans un nouvel établissement, les petits équipements et des matériels pédagogiques sont toujours fournis après la rentrée, à la demande des enseignants, en fonction de leurs besoins, de leur manière de travailler. Les choses se font petit à petit. Elles ont déjà bien avancé depuis la rentrée. Le proviseur assure que les bancs et les poubelles ne sauraient tarder, tout comme le matériel pédagogique. Que le centre de documentation se remplira au fil des commandes. Et que les entreprises n’interviennent qu’à la marge dans le bâtiment, à la demande de la Région, qui finance.

Au-delà de ces soucis matériels, les jeunes témoignent d’un malaise plus grand. On ne nous prend pas au sérieux, on nous met la pression pour choisir des options l’année prochaine, alors qu’on n’a pas la maturité pour décider. On n’est pas prêt, on n’arrive pas à se projeter, on a besoin d’être accompagnés. Plusieurs élèves se disent stressés, et perturbés en pensant à leur avenir, qu’ils ne veulent pas gâcher, sachant que demain, la société, ce sera nous.

Ces remarques, Cyril Delacôte ne les voit pas d’un mauvais œil. C’est bon signe, car ça montre qu’ils ont des attentes. Mais il faut qu’ils aient confiance en notre capacité à les accompagner. On ne va pas les abandonner. Une confiance qui, comme le reste, est à construire.

(1) Il n’y a que des secondes, cette année, dans ce nouveau lycée.

Le souci des transports

Venir au lycée est un problème pour certains élèves. Il n’y a pas assez de cars scolaires, certains dépendent des lignes classiques », témoignent les jeunes. Je connais des élèves de Touvois, Legé et Corcoué-sur-Logne qui sont obligés d’attendre 17 h 15 pour rentrer chez eux, alors qu’ils ont quitté à 15 h. Ceux de Sainte-Pazanne se lèvent à 5 h 30 le matin… Une élève regrette ne pas pouvoir intégrer l’internat. Les vingt-quatre places prévues pour les 315 élèves de seconde sont toutes occupées.