Revue de presse

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Rassemblements de soutien, un jeune blessé, interpellations… En Côtes-d’Armor, ça se tend autour des blocus de lycées

Ouest-France · 05/10/2026 · ← revue

Au troisième jour de la colère lycéenne dans les Côtes-d’Armor, environ 300 jeunes se sont mobilisés, lundi 5 octobre 2026, à Saint-Brieuc. Une journée marquée par quelques tensions avec la police dans la ville-préfecture.

Un jeune blessé par un tir de LBD

En fin de matinée, vers 11 h 30, un jeune a été blessé par un tir de LBD selon des témoignages concordants, à quelques dizaines de mètres du lycée Freyssinet, théâtre de tensions avec la police depuis le début de journée. Il était, au sol, en train de se faire soigner par un street medic (secouriste bénévole en manifestation), quand des policiers l’ont interpellé violemment, raconte cette femme qui a assisté à la scène.

Sur les images d’une vidéo, que Ouest-France a pu consulter, l’interpellation du jeune est musclée. Selon la police, il avait lancé un cocktail molotov et des tirs de mortier en direction des fonctionnaires. Le jeune a été hospitalisé puis placé en garde à vue au commissariat. Ce dernier fait partie des quatre mineurs interpellés, lundi 5 octobre 2026. À 18 h, ils étaient toujours en garde à vue. L’heure à laquelle des mobilisations se sont tenues simultanément, à Lannion et Saint-Brieuc.

Quant aux cinq mineurs, placés en garde à vue vendredi 2 octobre, ils ont été déférés durant le week-end et placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur jugement, précise le parquet à Ouest-France.

300 Trégorrois réunis à Lannion

Ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait. Hier soir, plusieurs parents d’élèves se sont rendus aux portes du commissariat de Lannion dans l’intention de déposer plainte pour mise en danger de leurs enfants. Et ils n’espéraient sans doute pas que les soutiens seraient si nombreux : par leur présence, près de 300 Trégorrois ont relayé l’incompréhension de ces familles face aux gazages et aux charges policières ayant visé les lycéens, lors des manifestations aux abords du Félix-Le-Dantec, jeudi et vendredi derniers. Nos jeunes ont été clairement mis en danger. Quel message leur est envoyé ? Choquant et inadmissible, s’indigne une large assemblée de soutiens.

Un rassemblement de soutien à Saint-Brieuc

Libérez nos camarades, répètait l’assemblée d’une vingtaine de personnes devant le commissariat de Saint-Brieuc, ce lundi, vers 18 h. Juste avant, ils étaient plusieurs à participer à une assemblée générale au parc des Promenades, à quelques pas. C’est intolérable la manière dont la police s’en prend aux jeunes, protestaient les soutiens aux jeunes interpellés. Dans leurs rangs, il est question de six interpellations. Le conseiller municipal briochin LFI Henri Alloy a tenté de demander des nouvelles sur les jeunes en entrant dans l’hôtel de police, sans succès. Il en est ressorti quelques secondes plus tard.

La répression policière pointée du doigt

Nous dénonçons la disproportion que nous avons observée entre la menace réelle de débordement et la réponse policière, des dizaines et des dizaines de grenades lacrymogènes tirées et des tirs de LBD devant le lycée Freyssinet à Saint-Brieuc, des fouilles de sacs par la police municipale d’élèves souhaitant seulement se rendre en cours. Dans un courrier envoyé au préfet des Côtes-d’Armor, la CGT Éducation 22, la FSU 22 et Sud éducation-Solidaires dénoncent la doctrine sécuritaire de l’État en réponse à la mobilisation lycéenne.

François de Keréver, préfet du département, leur a répondu : Il me semble que vous n’avez pas une information complète sur les heurts qui ont parasité le mouvement lycéen : des tirs de projectiles et de mortiers d’artifice, des cocktails molotov ont été lancés contre la police les 2 et 5 octobre à Saint-Brieuc et Lannion. Sur les tirs de LBD, il précise qu’il y en a eu huit depuis le début du mouvement, tous dans des circonstances qui l’exigeaient, par des agents formés et entraînés. Le représentant de l’État dénombre enfin neuf policiers ou gendarmes blessés, […] et trois lycéens transportés aux urgences.