« Une initiative très positive » : un artiste breton lance une plateforme pour aider les intermittents à se loger
Trouver un toit le temps d’une tournée ou d’un contrat, sans casser sa tirelire : c’est le défi auquel sont confrontés de nombreux professionnels du spectacle en déplacement. Pour y répondre, Kaëlig Boché, chanteur lyrique originaire de Saint-Malo (35), a lancé, en juillet, la plateforme Logement Intermittent. Le principe est simple : mettre en relation artistes en recherche d’un logement temporaire et particuliers disposant d’une chambre ou d’un logement libre, partout en France. « Le sujet du logement préoccupe beaucoup les artistes », affirme Kaëlig Boché, lui-même régulièrement en déplacement. Les structures qui les embauchent ne prennent pas toujours en charge leur hébergement, et l’hôtel peut vite peser lourd dans le budget. « Le logement est souvent à nos frais. L’enjeu, c’est de trouver quelque chose qui ne va pas nous prendre les trois quarts de ce qu’on va gagner », confirme Jean-Christophe Lanièce, chanteur basé à Caen.
En Bretagne, la demande dépasse largement l’offre
Le fonctionnement s’inspire d’Airbnb : n’importe qui peut proposer un logement pour accueillir un professionnel du spectacle, mais aussi un étudiant en art vivant ou un salarié de la gestion culturelle. Les hôtes fixent eux-mêmes leur tarif, avec l’objectif de proposer des prix accessibles. « C’est une démarche d’entraide », insiste le fondateur. Les nuitées vont de 10 à 120 €, pour une moyenne d’environ 35 €. À Rennes, une chambre de 45 m² située en centre-ville est ainsi proposée à 25 € la nuit.
En Bretagne, le besoin semble particulièrement important. Depuis le lancement de la plateforme, environ 500 recherches de logement ont été effectuées dans la région, notamment à Rennes, Vannes, Pontivy (56), Saint-Brieuc et Saint-Malo (35). La semaine dernière, une quarantaine d’artistes ont, par exemple, recherché un hébergement à Brest. Problème : l’offre ne suit pas encore. Seuls trois logements sont, pour l'instant, proposés en Bretagne, tous à Rennes. « Il y a un gros travail à faire dans la région », reconnaît Kaëlig Boché.
« Faire des rencontres »
À l’échelle nationale, la plateforme comptait, au 24 septembre, plus de 4 000 visiteurs depuis juillet et 78 logements disponibles dans 35 villes de France et de Belgique. « C’est un bon début. Il y a beaucoup plus de demandes que ce que j’imaginais », se félicite son créateur. Jean-Christophe Lanièce, habitué des scènes bretonnes, compte utiliser le dispositif lors d’un séjour de cinq semaines à Rennes, en janvier et février. « C’est simple à utiliser et vraiment utile. C’est une initiative très positive, qui peut créer une forme de solidarité entre les artistes », lâche-t-il. Au-delà de l’aspect financier, Kaëlig Boché y voit aussi une manière de créer du lien. « Ça permet de faire des rencontres », souligne-t-il.