Revue de presse

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Blocages des lycées : « J’étais lycéen dans les années 1950, et voici ce que je voudrais dire aux jeunes d’aujourd’hui »

Ouest-France · 03/10/2026 · ← revue

Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Michel P. fait un parallèle entre les lycées des années 1950 et ceux d’aujourd’hui, alors que la semaine a été marquée par des manifestations lycéennes partout en France :

« Nous sommes à la fin des années 1950. J’ai dix ans, et je vais entrer en sixième au lycée de garçons d’une grande métropole de province. À l’époque, on entrait en effet au lycée en sixième. Entrée sur examen, bien sûr, puisque je venais d’une école communale.

Nous n’habitions pas la ville, mais une banlieue assez éloignée. Le ramassage scolaire n’existait pas : je devais emprunter un vieux tramway ferraillant, qui ne passait pas devant notre porte, et ne me déposait pas non plus devant le lycée.

Voilà quelle était ma semaine : lundi, mardi, mercredi et vendredi : 8 h-12 h, 14 h-17 ou 18 h ; jeudi et samedi : 8 h-12 h, sans compter, bien sûr, le temps passé dans ce tram. Dans cet établissement, énorme, assez vétuste (lycée dit « Napoléon » construit vers le milieu du XIXe siècle), nous étions répartis entre douze classes de sixième. Ma classe comptait 41 élèves (ma photo de classe en témoigne). Mais c’était une époque où les mots « travail », « effort », « discipline » n’étaient pas encore des gros mots…

« Il faut comparer ce qui est comparable »

Bien sûr, nous étions déjà inquiets pour l’avenir. Certes, Parcoursup n’existait pas, mais la France sortait de la guerre d’Indochine, et était en pleine guerre d’Algérie. Le service militaire était obligatoire, et nous connaissions tous des familles endeuillées ou inquiètes pour la vie de leurs proches.

À propos des blocages de ces derniers jours dans les lycées, je dirais qu’il est légitime, pour un lycéen, de demander les meilleures conditions possibles de travail et d’études, et il faut comparer ce qui est comparable. Nous ne sommes plus dans les années 1950. Mais il semble que trop de choses aient été abandonnées en route, en particulier l’idée que rien ne peut être donné automatiquement, mais que tout se mérite et peut s’obtenir par le travail. »

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