Revue de presse

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Blocages des lycées à Caen : ce qu’en pensent ces élèves et leurs parents rencontrés au salon des études supérieures

Ouest-France · 03/10/2026 · ← revue

C’est la première fois que je vis cela. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Quand je suis arrivé jeudi matin, il y avait déjà des barricades devant l’établissement. J’ai réussi à rentrer. J’étais le seul en cours avec une amie. Et puis, on a vu un premier feu. Cela a commencé à me faire peur… Il est près de midi ce samedi 3 octobre 2026. Avec ses parents, cet élève de seconde du lycée Fresnel à Caen (Calvados) arpente les allées du Salon Studyrama des études supérieures au parc des expos. C’est l’un des outils mis à disposition des indécis en quête d’une future formation. Viendra bientôt l’heure d’effectuer un choix sur Parcoursup, plateforme tant décriée dans le cadre des blocages de lycées.

« Des gens qui étaient là juste pour casser »

Lors de ce salon, Ouest-France est allé à la rencontre des lycéens et de leurs parents, au lendemain d’une fin de semaine agitée. Comment ont-ils vécu ces blocus parfois plus que tendus ? Quel est leur point de vue sur ce mouvement ? Au niveau national, je comprends les revendications, reprend l’élève de Fresnel. Après, dans notre lycée, ce n’est pas dégueu non plus. Ce que je regrette, c’est la présence de gens qui étaient là juste pour casser, pas forcément des lycéens d’ailleurs.

Selon ses parents, les deux jours qui viennent de s’écouler ont fait l’objet de discussions nourries au sein de la famille. La violence a tout gâché, regrette la maman, à tel point qu’elle a préféré que son fils reste à la maison le vendredi. Moi aussi, j’ai déjà manifesté. Mais quand je revendique quelque chose, je ne me mets pas à casser des vitrines… Tout cela donne une mauvaise image au mouvement. Au final, c’est la seule chose que les gens retiennent. Le papa abonde : La violence est arrivée tellement rapidement que la confrontation d’idées n’a même pas pu avoir lieu.

« Bien les jeunes prennent la parole »

Parmi les personnes interrogées dans les allées du salon, toutes condamnent la violence. On saccage le mobilier urbain, on brûle… La violence n’a aucun sens, résume cet élève de terminale au lycée Rostand. Quand on prend connaissance des tirs de mortiers d’artifice et de lacrymo, on a toujours une petite appréhension pour ses enfants, témoigne son père. Par contre, après avoir discuté avec quelques élèves de mon lycée, j’ai compris le sens de cette cause au niveau national. Après, il est question que cela dure jusqu’aux vacances de la Toussaint. On a quand même le bac à passer en fin d’année…, reprend son fils.

Je trouve cela bien que les jeunes prennent la parole, répond à son tour la maman d’un élève de terminale au lycée Arcisse-de-Caumont à Bayeux où, là, les choses se sont déroulées dans le calme. J’ai quand même la sensation que la seule réponse qu’on leur apporte, c’est la répression plutôt que le dialogue.

« Cela va peut-être calmer les tensions »

Ce lundi 5 octobre, à Caen, les lycées Fresnel, Malherbe, Rostand et Laplace - Dumont d’Urville, où les tensions ont été les plus importantes, seront fermés sur décision du rectorat. Un enseignement en distanciel doit être mis en place. Cela va peut-être calmer les tensions, commente l’élève de Fresnel. C’est positif pour la sécurité des élèves, mais cela montre aussi que certains sont dépassés par la situation. Et puis, les cours en visio, on a connu pendant le Covid. Ce n’est pas si simple que cela », ajoute son homologue de terminale à Rostand.