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Couple qui explose, mise au placard, « perte d’identité » : les conséquences d’un cancer du sein peuvent être terribles

Le Télégramme · 03/10/2026 · ← revue

Ce genre d’épreuve fait ressortir le meilleur comme… le pire. À 39 ans, Kristel, de Saint-Frégant (29), a récemment appris souffrir d’un cancer du sein. Une annonce qui « a fait réfléchir tout (s) on entourage ». Mais surtout, « ça nous a rapprochés », constate-t-elle. À Rennes, Mathilde a aussi eu la chance d'« être entourée par tout le monde », tout comme Rozenn, à Saint-Alban (22), et Sarah, à Groix (56). « Depuis le début, nous recevons énormément de soutien de la part de nos proches. (…) Ils mettent leur vie sur pause pour m’accompagner aux rendez-vous médicaux », indique la seconde, qui salue aussi « la merveilleuse solidarité » des habitants de cette île morbihannaise.

« Il ne voulait plus me voir nue »

Chacune des 450 femmes de moins de 50 ans ayant répondu à notre appel à témoignages n’a pas connu pareille situation. Séparée du père de ses enfants, Céline, de Vitré (35), âgée de 35 ans à l’époque, a entamé une nouvelle relation quatre mois avant l’annonce de la maladie. « Il m’a quittée », nous confie-t-elle. « Il ne voulait plus me voir nue », ajoute celle qui a subi une mastectomie totale. À Nantes, Isabelle, qui est originaire de Plougasnou (29), a aussi « dû faire face à la maladie seule »…

« Une tempête pour nous tous »

À Pluduno (22), Anne-Claire, qui était âgée de 34 ans lorsque le diagnostic a été posé, a bénéficié d'« énormément de soutien ». Mais elle le reconnaît : « Cela a été une tempête pour nous tous », dont ses deux enfants de 8 et 11 ans. La vie de famille d’Alexandra, à Sarzeau (56), s’est, elle aussi, avérée plus « compliquée ». « Mes enfants de 4 et 8 ans étaient inquiets de voir leur maman malade et très fatiguée », se désole-t-elle. Armelle, de Guipavas (29), souligne, elle, le dévouement de son mari, dont « la charge mentale a été intense ».

La vie professionnelle de toutes ces femmes n’a pas non plus été épargnée. « Pendant de nombreux mois, j’ai mis ma carrière entre parenthèses, alors que je voulais évoluer professionnellement », relate Morgane, de Morlaix. À 37 ans, Mathilde, de Rennes, a aussi eu « l’impression d’être stoppée en plein élan ».

Pour d’autres, l’impact a été plus lourd encore. « À mon retour, j’ai été mise au placard », dénonce Aurélie, de Dinan. « J’ai été licenciée car plus apte à faire mon travail à cause des séquelles du traitement », affirme, de son côté, Natacha, de Plédran (22). Pour sa part, Catherine, qui vit dans le Finistère, « a perdu espoir de pouvoir retravailler ». Des témoignages que corrobore l’Institut Curie, 20 % des personnes atteintes de cancer étant, selon lui, « victimes de désinsertion professionnelle, en majorité dans les deux ans qui suivent la fin de leur traitement ».

« Ma féminité a été détruite »

Autres conséquences, et non des moindres : celles des traitements. « J’ai très mal vécu la mastectomie. Ma féminité a été détruite car la reconstruction est un désastre visuel », déplore Jeanne, de Saint-Malo. À Saint-Thégonnec Loc-Éguiner (29), Carolina, âgée de 47 ans aujourd’hui, a dû faire un travail sur elle-même « pour accepter (s) es cicatrices ». Après avoir subi une mastectomie à 27 ans, Laetitia, de Saint-Pabu (29), a « perdu toute estime » d’elle. Six ans après l’opération, elle y travaille encore.

Dans cette bataille, Élodie, de Plouay (56), a perdu un sein. Mais elle a pu bénéficier d’une reconstruction et d’un « tatouage médical et artistique » qui « (l)’a aidée à (s)’accepter », certifie-t-elle.

« Perte d’identité »

Beaucoup de femmes nous ont aussi parlé de la perte de leurs cils et sourcils. « La perte de cheveux, je ne l’ai pas trop mal vécue car je m’y attendais », explique Anne-Claire. « Celle des cils et sourcils a été plus compliquée (…). Dans la glace, je ne voyais plus qu’une malade », se souvient-elle. Mathilde, non plus, « ne pouvait plus (s) e regarder dans un miroir, ni (s) e voir en photo ». « J’ai eu l’impression de vieillir d’un coup », poursuit-elle. Angélique, d’Ergué-Gabéric (29), évoque, elle, une « perte d’identité ».

De son côté, Kristel se veut optimiste et voit la perte de ses cheveux « comme une étape vers la guérison ». « Là, c’est l’automne : comme les feuilles des arbres, ils tombent. J’ai l’hiver pour me soigner. Et, au printemps, mes cheveux repousseront », annonce-t-elle.