À Rennes, le réseau express vélo s’étend : est-ce que ça marche vraiment ?
C’est sous le soleil qu’une trentaine de cyclistes, notamment des élus et des représentants d’associations, ont parcouru en une vingtaine de minutes les 8,6 km de cette nouvelle liaison du REV de la métropole rennaise. Une piste cyclable qui relie directement Rennes à Bruz en traversant Saint-Jacques-de-la-Lande et dessert le sud-ouest de la métropole, avec notamment le campus de Ker Lann, le parc des expositions et l’aéroport de Rennes. Elle enjambe également la deux-fois-deux-voies D 177 grâce à une passerelle aménagée, dédiée aux vélos et piétons. Afin d’encourager l’intermodalité — vélo, bus et métro —, ce tracé est connecté au parc relais de la ligne b du métro de la station Saint-Jacques – Gaîté, équipé de stationnements vélo sécurisés. Une extension du réseau cyclable qui représente un investissement de plus de 4 M€ qui a bénéficié des fonds européens dédiés aux territoires (877 560 €), des financements de l’État (86 948 €), de la ville de Saint-Jacques-de-la-Lande (300 000 €), de la ville de Bruz (12 000 €), du Département et de la Région. Depuis 2021, ce sont ainsi, au total, 27 M€ qui ont été consacrés au REV. « Nous sommes l’une des métropoles qui investit le plus sur le réseau cyclable », souligne Valérie Faucheux l’élue rennaise déléguée aux Mobilités et aux Transports.
« 16 % de cyclistes en plus »
Ce 14e itinéraire vient renforcer un réseau en étoile conçu pour relier le centre-ville de Rennes aux communes de la première et deuxième couronne. Avec ses pistes cyclables séparées des voies de circulation des voitures, il vise à faciliter la circulation des cyclistes en offrant plus de sécurité, de fluidité et de rapidité à leurs déplacements quotidiens à vélo. « L’objectif est de tripler la part des déplacements vélo pour atteindre 9 % sur la métropole et évidemment réduire de 10 % la place de la voiture. Lors du dernier bilan de notre plan de déplacement, on comptait 23 % de trafic automobile en moins en intra-rocade et un peu plus de 2 % en moins sur l’extra-rocade », explique Valérie Faucheux.
L’idée de départ, il y a cinq ans, de développer les infrastructures pour inciter les gens à passer au vélo a fait son chemin et aussi fait évoluer les mentalités. Un système de comptage installé sur chaque axe du REV permet d’en estimer la fréquentation. « Le comptage annuel se fait actuellement, mais on peut déjà dire qu’entre l’année dernière et cette année, on est en moyenne à 16 % de cyclistes en plus sur l’ensemble du réseau ». Et il y a des pistes qui cartonnent, détaille la conseillère municipale rennaise : « Entre Rennes et Montgermont, on atteint une progression de l’ordre de 22 à 23 % par rapport à l’année dernière. Ça s’explique par le fait que la piste est connectée avec le réseau départemental qui vient de La Mézière. De même, l’axe Rennes-Chantepie bénéficiera également d’une augmentation de fréquentation avec la continuité de la piste Domloup-Chantepie en cours de réalisation. Aujourd’hui, en moyenne sur l’année, on estime entre 6 000 et 7 000 le nombre de cyclistes qui fréquentent quotidiennement le REV ».
Un plan de maillage de 500 km sur la métropole
Un déploiement du réseau salué également par les associations de défense des usagers du vélo, avec toutefois quelques légers bémols. « Chaque maillon sécurisé supplémentaire permet d’arranger les choses. Ça permet de faciliter les déplacements. C’est important de pouvoir aller à Rennes à vélo de façon sécurisée. Jusqu’alors, on pouvait rejoindre le REV passant à Chartres-de-Bretagne de façon imparfaite. Ça s’est amélioré même s’il reste quelques imperfections. Quand on veut continuer dans Rennes à l’arrivée du REV, tout n’est pas si clair. Il y a quelques coutures qui manquent et, petit à petit, elles s’améliorent. Globalement, ça reste satisfaisant », expliquent Jacques Claverie et Dominique Souvré de l’association Rayons d’Action. Au-delà du REV, le plan vélo de la métropole prévoit l’interconnexion de plusieurs pistes cyclables afin de créer un maillage de 500 km. Des liaisons secondaires entre les communes, dont 250 km ont déjà été réalisés, comme dernièrement la ligne entre Bruz et Laillé. « Le prochain investissement, c’est de poursuivre l’ambition de ce réseau vélo. Ce sont toutes les communes de la métropole que nous voulons relier entre elles », souligne l’élue rennaise.