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L'intersyndicale des agents du département du Val-de-Marne porte plainte contre la collectivité pour « harcèlement moral »

Les Échos · 02/10/2026 · ← revue

Par Audrey Guettier

Après plusieurs grèves successives depuis le début de l'année, l'intersyndicale du conseil départemental du Val-de-Marne a déposé une plainte pour « harcèlement moral institutionnel » fin septembre, selon une information de « France Inter ». Quatre organisations syndicales - CFT CD 94, Ugict-CGT, FSU Sunter 94 et CFDT Interco du Val-de-Marne - se sont regroupées pour attaquer le conseil départemental et dénoncer les suppressions de postes et la dégradation des conditions de travail, indique l'AFP. Ces syndicats représentent les 7.500 agents du département qui travaillent dans les collèges, les crèches ou encore la protection de l'enfance. L'intersyndicale vise principalement l'exécutif, dont le président (LR) du conseil, Olivier Capitanio, et le vice-président (LR) chargé des ressources humaines et des affaires juridiques, Julien Weil. Selon l'AFP, la plainte pointe du doigt les économies budgétaires réalisées par l'exécutif dans un contexte compliqué pour les finances du département. Elle évoque une réduction de 474 postes équivalents temps plein entre le 1er janvier 2024 et le 1er janvier 2026, ainsi qu'un management brutal. Selon l'AFP, l'intersyndicale mentionne également que trois suicides d'agents ont eu lieu entre 2025 et 2026 et que les demandes de rendez-vous auprès de la médecine du travail ont augmenté. En février dernier, les syndicats avaient déjà fait remonter dans une enquête un « mal-être généralisé ».

Un plan d'évaluation des risques

Le département explique dans un communiqué ne pas avoir eu « connaissance du contenu précis de cette plainte », mais qu'il « se tient prêt à répondre de manière transparente à l'ensemble des sollicitations si une enquête venait à s'ouvrir ». La collectivité ajoute qu'une « cellule de signalement a été instaurée au sein de la DRH [direction des ressources humaines] », qu'un « plan d'évaluation des risques psychosociaux a été présenté aux instances cet été » et qu'une campagne de prévention du harcèlement et des violences est en cours. Le département précise que, concernant les suicides, « les instructions diligentées […] ont conclu à l'absence de lien avec l'environnement professionnel ». Dans l'opposition, les conseillers départementaux du groupe « Val-de-Marne en commun » ont affirmé dans un communiqué que « les conditions de travail des agents qui font vivre le service public départemental et leur santé mentale ne peuvent être mises en difficulté au profit d'une politique comptable ».

Audrey Guettier