Blocages des lycées : « Nous essayons de sauver notre avenir » : à Châteaubriant, les lycéens veulent se faire entendre
Une partie des élèves du lycée Guy Môquet-Etienne Lenoir, à Châteaubriant (Loire-Atlantique) ont manifesté hier. Ils étaient nombreux à brandir des slogans : Désolé pour le dérangement, nous essayons de sauver notre avenir, note l’une d’elle. C’est celui soutenu par Romane, en classe de première en filière générale : J’ai tenu à manifester car ça me paraît important de se faire entendre et écouter par le gouvernement, comme ça n’est pas souvent.
Elle veut aborder d’abord un manque parmi les professeurs : Par exemple, nous avons des classes où ils n’ont pas de prof de français, alors qu’on passe le bac à la fin de l’année. On a besoin d’étudier dans de bonnes conditions. Le proviseur Pierre Delahaye confirme : Il nous manque un professeur dans cette discipline, sur les 140 que compte l’établissement aux 1 200 lycéens et étudiants, ajoute-t-il.
Plus de 200 élèves sont sortis dans la rue, aux abords de leur lycée pour s’exprimer (200 aussi selon la gendarmerie). Leur immense groupe s’est déplacé jusqu’à se diriger, vers 8 h 30, en direction du hameau de la Muloche. Après, ils ont tenté de gagner le lycée Saint-Joseph, en centre-ville, empêchés par les forces de l’ordre.
Dans le cortège, selon la gendarmerie, la majorité des jeunes ont manifesté dans le calme. Il y avait aussi des meneurs venus de l’extérieur qui voulaient créer du trouble, relève le commandant Julien Balitch. Au total, deux jeunes ont été interpellés. L’un d’eux, un lycéen de Môquet-Lenoir, a été placé en garde à vue.
« J’ai peur de me retrouver sans le bac »
Dans le cortège, Lya, 16 ans, en formation de santé et social, est aussi inquiète. Elle veut travailler plus tard au contact des enfants. Je suis dyslexique. On a eu une prof de français pendant deux jours. J’ai le bac de français en fin d’année. J’ai peur de me retrouver sans bac.
Des professeurs, en position d’observateurs, ont suivi le mouvement de la manifestation. Jean-Marie Thominot, professeur d’anglais et délégué syndical CGT, comprend le doute qui gagne cette jeunesse. Je viens en citoyen. Je constate que dans une école qui n’a plus les moyens d’ouvrir les perspectives, c’est difficile de leur permettre d’entrer sur le marché du travail de manière stimulante.
Autre appel lancé par plusieurs lycéens rencontrés : la situation dégradée, voire insalubre de certaines parties des bâtiments du lycée, qui accueille des enseignements professionnels et généraux. Lizaïg, 15 ans, parle des classes à trente-cinq personnes qui deviennent des fours l’été. Cyrielle pointe, à l’inverse, des classes où il fait froid l’hiver car il n’y a pas beaucoup d’isolations. Il y a des poteaux qui ont des champignons.
« Un programme de rénovation à l’étude »
Sur ce sujet, le proviseur préfère parler de qualité inégale des bâtiments avec des parties neuves et d’autres plus anciennes. La date de construction des premiers locaux remonte aux années 1960. Mais il assure que le dossier est suivi par la Région, propriétaire. Un programme de rénovation sur la partie la plus ancienne est à l’étude. La manifestation s’est terminée en milieu de journée. En Loire-Atlantique, de nouvelles mobilisations sont annoncées lundi 5 octobre, par des étudiants et des lycéens.