Blocages des lycées : discussion, dégradations, blessés… retour sur un vendredi de mobilisation
Rennes, Brest, Saint-Brieuc, Vitré, Pau, Marseille, Paris… Partout en France, des mobilisations. La colère des lycéens n’est pas retombée ce vendredi 2 octobre 2026, malgré les mesures annoncées la veille au soir au journal télévisé de France 2 par Édouard Geffray, le ministre de l’Education nationale. Le locataire de l’Hôtel de Rochechouart renonçait au projet de faire payer l’inscription en BTS ou en classe préparatoire, et annonçait la fermeture de 400 lycées pour la journée de vendredi.
En fin de journée ce vendredi, le ministère de l’Education nationale a fait état de 735 établissements perturbés sur les 3 700 que compte le pays. Des violences urbaines ont été observées devant 158 lycées. Un peu moins que le record de jeudi, quand 900 actions ont été recensées, près de 2 000 interpellations, de nombreux blessés et des dégâts importants. Édouard Geffray a ainsi précisé que ces nouvelles perturbations représentaient 30 % de moinsque jeudi. Il a ajouté : Nous avons eu moins de violences contre les personnels. Il y a eu des actes d’une extrême violence encore aujourd’hui. Trois personnels ont été blessés. Puis il a annoncé un travail de fond sur les rythmes scolaires. C’est de notre responsabilité de remplacer les professeurs absents ».
« Cette colère elle est légitime »
Les syndicats lycéens, qu’il a reçus, ne sont pas ressortis satisfaits de cette rencontre. On n’a pas eu d’engagements concrets de la part du ministre, a déclaré Louis Letoublon, vice-président du mouvement Les Lycéens. L’Union syndicale lycéenne appelle à continuer la mobilisation, et à rejoindre le mouvement de l’acte 3 mardi, a réagi de son côté le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani. Le matin même au micro de France inter, le lycéen avait dit condamner les violences envers les personnels éducatifs parce qu’on estime que c’est contre productif. Les enseignants, c’est aussi de leurs conditions de travail dont il est question. Et d’ajouter : Cette colère, elle est légitime. On est méprisés et quand on essaye de s’exprimer, la seule réponse qu’on a, c’est d’être réprimés.
Cette journée de vendredi a une nouvelle fois connu son lot de violences, d’incendies, d’interpellations et de blessés - chez les lycéens comme chez les policiers. Mais aussi de rassemblements qui se sont déroulés sans heurts.
En Île-de-France, la situation a en revanche été compliquée, comme en Seine-et-Marne, où des policiers sur place ont qualifié la journée d’ultra tendue sur l’ensemble de ce département à la fois rural et urbain. À la mi-journée, la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) notait 13 interpellations et une lycéenne blessée lors d’un mouvement de foule à Dammarie-les-Lys.
Les images violentes de l’agression d’un policier
Des blessés, il y en a eu aussi chez les forces de l’ordre. À Belfort (Territoire de Belfort), un policier a été jeté au sol et frappé. La vidéo, particulièrement dure à regarder, a fait le tour des réseaux sociaux. Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur a réagi sur X, parlant d’images d’une rare violence [qui] sont insoutenables. Il poursuit : Le policier volontairement ciblé a été hospitalisé après avoir perdu connaissance. Son état n’inspire heureusement plus d’inquiétude majeure à cette heure. Une enquête a été ouverte pour tentative de meurtre. Devant le lycée Méditerranée de La Ciotat (Bouches-du-Rhône), un professeur sorti pour calmer le jeu a, selon nos informations, été pris a partie puis aspergé d’essence. Ces événements de la journée ont donné lieu à 1747 interpellations a annoncé Laurent Nuñez au JT de TF1. Soit 5 000 interpellés depuis lundi.
Quant aux violences des forces de l’ordre commises depuis le début du mouvement, cinq enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).