«On nous parle déficit et dette mais on a besoin d’actions» : une réunion sur le fond après le blocus des lycées à Laval
La réunion avait été annoncée comme un espace de dialogue après une journée de forte mobilisation des lycéens la veille à Laval. Une quarantaine de personnes - en majorité des élèves, ont participé à cette assemblée réunie vendredi 2 octobre 2026 dans la salle du conseil, à l’hôtel de ville. Les lycéens ont pris la parole à tour de rôle et exposé leurs revendications.
Face à eux, le maire de Laval Florian Bercault, à l’initiative de cette rencontre, le député socialiste Guillaume Garot, la vice-présidente de la Région et cheffe de file de l’opposition municipale Samia Soultani-Vigneron, le directeur académique des services de l’éducation nationale en Mayenne Fabien Audy et le directeur de l’enseignement catholique en Mayenne François Roseray. Un représentant des forces de l’ordre était également présent. Ainsi que des membres d’associations de parents d’élèves. La presse n’y était pas conviée.
« Quand on compare le budget de l’Armée et l’Éducation… »
À l’issue de la réunion qui aura duré deux heures, Naoh Lenoir, 17 ans, élève au lycée Rouseau à Laval se dit satisfait d’avoir discuté avec les élus. Ça fait plusieurs mois que la colère monte dans les lycées. À Rousseau par exemple, le lycée est flambant neuf mais le matériel ne suit pas. Le gouvernement veut interdire les téléphones au lycée mais ne traite pas les problèmes en profondeur.
Plus mesuré, Valentin Aury, du même établissement, a tiqué à l’évocation de plusieurs sujets. Quand on parle de budgets à prioriser, on nous renvoie à la dette, déplore-t-il. Des solutions existent comme certaines taxes. Mais quand on compare l’augmentation du budget des armées et celui de l’éducation…. Ce n’est pas le seul sujet. Il y a aussi l’écologie, la culture, le monde associatif.
Les élèves ont fait part de leur choc face aux dégradations et aux affrontements entre les forces de l’ordre et des jeunes, dont des lycéens lavallois. D’entrée de jeu, tous les élèves présents ont condamné l’usage de la violence, confirme le maire de Laval Florian Bercault. Ils ont également regretté le traitement médiatique réservé à leur mouvement. Quand on ne parle que de violences, on ne parle pas du fond. En tant que maire, je suis catastrophé de la gestion de ce mouvement par le gouvernement : la répression avant l’écoute ! Je me suis engagé à porter leur revendication au ministère de l’Éducation.
« On a besoin d’actions »
Le député Guillaume Garot assure lui aussi vouloir porter leur voix à l’Assemblée nationale . Nous sommes allés au fond des choses, assure-t-il. Les professeurs non remplacés, les classes surchargées, le manque d’infirmière scolaire, Parcoursup et les multiples réformes qui les insécurisent… La question, c’est qu’est-ce qu’on fait après ? Nous sommes en pleine discussion budgétaire et l’éducation doit redevenir une priorité.
De retour à son lycée Ambroise-Paré, Auxence Prud’homme, en terminale, a l’impression de s’être fait emballer. Nos revendications ont été entendues, mais en retour, il y a eu beaucoup de bla-bla, des mots compliqués. On a le sentiment d’avoir été pris de haut. Il n’y a pas eu de réponse concrète et on nous a donné des justifications à chaque problème remonté. On nous parle de déficit, de dette… Mais nous, on a besoin d’actions, complète Marysol Gougeon, une autre lycéenne présente à la réunion. Les lycéens préviennent : Tant qu’on n’aura pas de solution, on continuera à bloquer.