Guyane : Gabriel Serville, le président de la collectivité, est mort à 67 ans
Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane est décédé mercredi 30 septembre à l’âge de 67 ans. Hospitalisé depuis le début de semaine au CHU de Cayenne, il a succombé à une embolie pulmonaire. Sa santé était fragile après avoir lutté contre un cancer qui l’avait obligé à suivre de lourds soins dans l’Hexagone en 2024 et 2025.
L’ancien professeur de mathématiques et proviseur de lycée avait été élu en 2021 à la tête du seul territoire français situé en Amérique du Sud. Avant cela, il avait été successivement maire de Matoury, puis député de la première circonscription de 2012 à 2021 au sein du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), qui réunit des communistes et des Ultramarins.
L’autonomie de la Guyane était devenue un combat
Pour celui qui avait lancé Péyi Guyane, son propre parti en 2018, l’autonomie de la Guyane était devenue un combat. Il y a tout juste un an, il avait accordé un entretien à Ouest-France pour dénoncer un processus qui n’allait pas assez vite à son goût. Jusqu’à boycotter un dîner républicain à l’Élysée pour marquer son désaccord.
« Quand la diplomatie ne fonctionne plus, témoignait-il alors, il faut sortir l’artillerie lourde. Je devais signifier qu’il était temps que Paris cesse de se moquer de nous. On passe plutôt en Guyane pour des gens gentils et courtois, on ne fait pas exploser des bâtiments, on contient notre mécontentement, mais le résultat, c’est que l’on ne nous écoute pas. »
Depuis, les discussions avaient repris avec le gouvernement. Il y a encore quelques jours, il échangeait avec la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou sur l’avenir de la Guyane, l’un des plus peuplées des territoires ultramarins avec 300 000 habitants. « Gabriel Serville en parlait comme toujours, avec exigence, avec conviction, avec cette volonté de ne jamais laisser les intérêts des Guyanais au second plan », a-t-elle déclaré.
La lutte contre l’orpaillage illégal
Au-delà du devenir institutionnel, il mettait régulièrement sur le devant de la scène politique le sujet de la lutte contre l’orpaillage illégal. En 2019, il avait porté avec les associations environnementales et aux côtés des populations amérindiennes le combat contre Montagne d’Or, le projet industriel d’exploitation aurifère. Le pillage des ressources halieutiques dans les eaux guyanaises a été également l’un des dossiers portés par Gabriel Serville, « un homme entièrement voué à l’amour de son pays et des peuples de la Guyane française », comme l’a qualifié Jean-Luc Mélenchon.
Cet été, il avait dû subir une série de soins en Martinique après un virus contracté à Sainte-Lucie lors du sommet de la Communauté caribéenne (Caricom) où il avait d’ailleurs signé l’adhésion de la Guyane. Lorsqu’il avait commenté sa lutte contre le cancer à Ouest-France, en octobre 2025, il racontait une maladie qui l’avait « mentalement renforcé » et le gain « d’une sagesse et d’une envie de mordre dedans plus que jamais, au service de mon territoire et de la population ».