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Guillaume Tabard : « Lycéens, le calcul cynique et dangereux de LFI »

Le Figaro · 01/10/2026 · ← revue

Guillaume Tabard : « Lycéens, le calcul cynique et dangereux de LFI »

CONTRE-POINT - Comme toujours, les Insoumis jouent l’inversion des valeurs. Ils poussent à la colère, ils qualifient la violence de « légitime », comme l’a fait entre autres le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko.

Qui sème la colère récolte des électeurs ? C’est le calcul, cynique et dangereux, de La France insoumise. L’éruption lycéenne, et bientôt estudiantine, n’a en effet rien de spontané dans son déclenchement ni de fortuit dans son déroulement. Il y a deux ans, Gérald Darmanin, alors Place Beauvau, avait qualifié de « bordélisation » la stratégie déployée par Jean-Luc Mélenchon et ses amis. On l’avait vue à l’Assemblée. On la voit aujourd’hui dans la rue, et de manière inquiétante. Des feux de poubelle à ceux ciblant les lycées eux-mêmes, de la recherche du contact avec les forces de l’ordre à l’intimidation du personnel enseignant, c’est de violence physique qu’il s’agit. Les images le montrent : on est loin d’un mouvement « classique » de blocage des lycées, mais bel et bien dans la catégorie des violences urbaines. Pour Matignon, l’implication de LFI ne fait aucun doute. Elle n’est pas surprenante. Plusieurs de ses députés ou de ses collaborateurs parlementaires, à commencer par Louis Boyard, sont le fruit de mouvements lycéens antérieurs. Ils en maîtrisent les codes et les méthodes. Ils savent comment tout gouvernement est tétanisé à l’idée d’un dérapage, lors d’une mobilisation, impliquant des jeunes, mineurs de surcroît. Il serait illusoire de croire qu’en faisant le choix de la radicalité et de la brutalité, les amis de Jean-Luc Mélenchon desservent leur cause Comme toujours, les Insoumis jouent l’inversion des valeurs. Ils poussent à la colère, ils qualifient la violence de « légitime », comme l’a fait entre autres le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko - quitte à feindre d’appeler au calme le lendemain -, puis, lorsque les forces de l’ordre font tout simplement leur métier, ils hurlent à la « sauvagerie policière » et font des provocateurs des victimes. Voir des élus LFI présents aux abords des lycées et portés en triomphe par les agitateurs, signe l’instrumentalisation de la cause. Il serait illusoire de croire qu’en faisant le choix de la radicalité et de la brutalité, les amis de Jean-Luc Mélenchon desservent leur cause. Au contraire. Plus il durcit le ton et les modes d’action, plus le candidat LFI renforce sa domination au sein des électeurs les plus jeunes. De 35 % à 42 % chez les 18-24 ans dans notre dernière enquête Ifop, soit plus du double de sa moyenne nationale. » LIRE AUSSI - Omar Youssef Souleimane : « Blocage des lycées, quand LFI instrumentalise (encore) le racisme » Tout cela s’inscrit évidemment dans la perspective de la présidentielle. Mélenchon ne dévie pas d’un pouce de l’objectif qu’il s’est fixé : 2027 doit se jouer « entre eux et nous » ; comprendre : entre lui et Marine Le Pen. S’identifier au parti du désordre aura peut-être pour effet de faire monter le parti de l’ordre ; et le parti de l’ordre sera le RN. Mais il ne restera plus à Mélenchon qu’à se poser en unique rempart contre le « fascisme », assuré que ceux qui jurent ne vouloir aucune alliance avec lui le préféreront toujours à la candidate RN. Même en condamnant la violence, ceux qui soutiennent les supposées revendications lycéennes ne font d’ailleurs que jouer les idiots utiles du mélenchonisme. Pour LFI, ce spectacle d’une violence destinée à « effrayer le bourgeois » n’est que le tour de chauffe d’un climat plus général que les siens voudront instaurer à l’approche de l’élection présidentielle.