Val-de-Marne : la maire LR de Villeneuve-Saint-Georges interdit le tractage, l’opposition conteste la décision en justice
Val-de-Marne : la maire LR de Villeneuve-Saint-Georges interdit le tractage, l’opposition conteste la décision en justice Cet arrêté interdit la distribution de tracts de 8 heures à 20 heures dans plusieurs secteurs de la commune jusqu’en septembre 2027, sauf autorisation municipale.
La maire LR de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) Kristell Niasme a pris lundi un arrêté interdisant la distribution de tracts en journée dans plusieurs secteurs de la ville, une décision contestée par l'opposition locale à l'approche de l'élection présidentielle. Cet arrêté interdit jusqu'en septembre 2027 la distribution de tracts entre 08h00 et 20h00 dans différents secteurs de Villeneuve-Saint-Georges (centre-ville, abords de la gare RER, de la mairie...), sauf autorisation préalable de la municipalité. Selon le texte, la mairie de cette commune de 36.000 habitants a estimé que le tractage peut «entraîner des attroupements, des entraves à la circulation des piétons, des risques pour la sécurité des usagers de la voie publique et notamment une accumulation de déchets jetés sur la voie publique».
Elle a ainsi jugé «nécessaire» pour «prévenir ces troubles, de réglementer temporairement la distribution de tracts et prospectus dans un périmètre strictement délimité». «On a pris volontairement cet arrêté outrancier pour attirer l'attention sur une situation intolérable», a déclaré à l'AFP Kristell Niasme, en référence au mouvement de blocus en cours dans les lycées franciliens.
L’opposition dénonce une «décision brutale»
«Nous sommes arrivés dans un moment grave où les blocus et les manifestations devant les établissements scolaires prennent une tournure sans précédent et mettent en danger nos enfants», a-t-elle affirmé. Mais à l'approche de la présidentielle, dans une ville où le leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon était arrivé largement en tête au premier tour en 2022 avec 46% des voix devant Emmanuel Macron (21%) et Marine Le Pen (16%), la pilule ne passe pas dans l'opposition locale. Le PCF du Val-de-Marne a saisi mercredi le tribunal administratif de Melun en référé pour contester en urgence cet arrêté, fustigeant dans un communiqué une «décision brutale». À la tête de la mairie depuis l'été 2025, Kristell Niasme a récemment été désignée porte-parole du président des Républicains et candidat à la présidentielle de 2027, Bruno Retailleau. «A l'approche des échéances électorales, il est particulièrement dangereux de laisser cautionner une restriction du droit d'expression militante», poursuit le communiqué. «Cela en dit long sur les intentions autoritaires de la droite, du local au national, qui est dans une forme de surenchère autoritaire pour essayer de devancer l'extrême droite, un peu sur le modèle trumpiste», a estimé auprès de l'AFP, Özer Öztorun, secrétaire départemental du PCF. «Cet arrêté est la continuité des nombreuses décisions liberticides prises par la mairie depuis l'arrivée de Kristell Niasme», a pour sa part dénoncé dans un communiqué la section locale de LFI. Un rassemblement, lancé à l'appel du PCF et rejoint par LFI, est prévu vendredi à 18H30 devant la mairie.