Robert Ménard jugé : il avait refusé de marier une Française et un Algérien sous OQTF, le maire de Béziers risque inéligibilité - ladepeche.fr

Robert Ménard jugé : il avait refusé de marier une Française et un Algérien sous OQTF, le maire de Béziers risque l'inéligibilité Le maire de Béziers comparaît ce mercredi 30 septembre à Montpellier pour avoir refusé, en 2023, de marier une Française et un Algérien alors visé par une OQTF. Trois ans après avoir refusé de célébrer le mariage d'un ressortissant algérien sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec une Française, Robert Ménard est attendu devant le tribunal correctionnel de Montpellier ce mercredi 30 septembre. Il encourt jusqu'à cinq ans de prison, 75 000 euros d'amende ainsi qu'une peine d'inéligibilité. Le 7 juillet 2023, le maire de Béziers avait refusé de célébrer le mariage d'Eva M. et de Mustapha B., soupçonnant un "mariage blanc". Le parquet avait pourtant donné son feu vert à cette union, après avoir examiné les auditions séparées des deux époux réalisées par l’officier d’état civil de la municipalité. Il n’y avait pas décelé d’incohérences, et rappelait que "le mariage est un droit fondamental". Quinze jours plus tard, Mustapha B. était expulsé de France vers l’Algérie.
"On est là pour faire du droit pas de la politique"
L'avocate du couple a confié être "très inquiète" à propos de "menaces" dont elle ferait l'objet. "On ne veut pas se cacher car on n'a rien à cacher", a-t-elle assuré. Elle a également refusé la présence de comités de soutien autour de ses clients. "On est là pour faire du droit, pas de la politique", a-t-elle expliqué. De son côté, Robert Ménard a appelé ses soutiens à se rendre au tribunal. Il a également cité à comparaître plusieurs responsables politiques, parmi lesquels David Lisnard, président de l'Association des maires de France, et l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. L'entourage de ce dernier a confirmé à l'AFP qu'il serait présent. Le maire de Béziers avait également demandé à Emmanuel Macron de faire le déplacement. Le chef de l'État, qui avait qualifié en 2025 d'"ubuesque" la situation des maires amenés à célébrer le mariage de personnes en situation irrégulière, ne sera pas présent, selon Robert Ménard.
Un "plaider-coupable" refusé
Ce n'est pas la première fois que Robert Ménard est convoqué devant la justice dans cette affaire. En février 2025, il avait refusé la procédure de "plaider-coupable" qui lui était proposée, entraînant le renvoi du dossier devant le tribunal correctionnel. En parallèle, la question du mariage des personnes en situation irrégulière fait toujours débat. Une proposition de loi visant à interdire ces unions est actuellement entre les mains de la commission des lois de l'Assemblée nationale. L'Association des maires de France s'est prononcée en faveur du texte, tandis que les élus de l'Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) l'ont jugé "discriminant". De son côté, le couple a finalement pu s'unir en Algérie cet été et le droit français a reconnu l'acte de mariage.