Présidentielle 2027 : « Des idées de nouvelles taxes à la pelle, mais pas le moindre projet pour le pays »

À huit mois de l'échéance de 2027, une vingtaine de candidats sont déjà déclarés. Tous débordent d'idées pour de nouveaux impôts, de nouvelles taxes, pour légiférer encore et toujours plus, pour interdire tout et de préférence n'importe quoi. Sans oublier évidemment de transférer les problèmes et leurs coûts à celui qui n'est pas susceptible de voter pour eux. Des idées à la pelle, oui, mais en revanche pas le moindre projet pour le pays ! Un projet, ce n'est pas un slogan ou un catalogue de mesures. C'est une vision et une ambition, accompagnées d'une méthode, portée par une volonté. En 2017, les projets étaient là avec des choix clairs qui auraient mérité des débats que nous n'avons pas eus à cause des affaires politico-judiciaires. En 2022, la guerre en Ukraine et la non-campagne du candidat Emmanuel Macron nous ont encore privés de ce moment démocratique où un peuple choisit un projet et son incarnation.
« Les candidats ont bien du mal à résumer leur projet »
Alors que notre pays décroche partout et en tout et que plus un seul Français ne peut l'ignorer, nos nombreux candidats auraient bien du mal à résumer en quelques phrases leur projet pour la France. A l'exception notable de monsieur Mélenchon qui lui sait ce qu'il veut pour nous : « le collectivisme avec la planification écologique dans une nouvelle France débarrassée de ses nuisibles milliardaires et grands groupes ». Un projet, entre Cuba et le Venezuela, dont on peut douter qu'il séduise 51 % de Français mais qui permet aux talentueuses équipes de LFI de dérouler un narratif parfaitement rodé et d'en saturer les médias et les réseaux sociaux. Marine Le Pen, par exemple, n'a pas de projet économique clairement défini mais semble penser que la puissance de son parti et la force de la marque familiale permettront de s'en passer. La gauche, elle, va essayer avec sa primaire de s'en créer un, mais il est probable que l'irréconciliabilité des uns et des autres et la course à l'échalote avec LFI accoucheront surtout d'une nouvelle démagogie fiscale. Reste les candidats de la droite et du centre, qui ne veulent pas d'une primaire qui est pourtant pour eux la seule chance d'exposer - et ce de façon audible - leur ambition pour le pays, leur projet avec des mesures disruptives à la hauteur de la montagne à gravir. Une primaire qui permettrait - si les candidats se comportent en responsables soucieux de l'intérêt général - non seulement d'avoir des chances raisonnables d'accéder au second tour mais même d'espérer gagner et avoir dans la foulée une majorité à l'Assemblée nationale pour engager en urgence les réformes contenues dans le projet.
Concours Lépine de l'impôt et de la taxe
Depuis la dissolution, la seule obsession de nos dirigeants est de savoir comment prendre plus aux Français pour n'avoir surtout pas à dépenser moins ! Et peu importe que la France soit championne du monde des prélèvements et que les dépenses de l'Etat aient augmenté de 31 % depuis 2017 ! Et pour que les carrés rentrent dans les ronds, on ment effrontément aux Français en leur faisant croire - entre autres - que les riches resteraient passivement se faire tondre (cf Lucie Castets) à grands coups de taxe Zucman, de taxation des holdings ou des super héritages et que les entreprises continueront à payer et à subir toujours plus pour financer un modèle social (de moins en moins modèle). Ce concours Lépine de l'impôt et de la taxe brillamment initié par LFI, et auquel participe avec joie tous les autres partis, permet de ne pas se poser les questions qui pourraient pourtant mener vers un début de projet présidentiel : quelle place voulons-nous encore accorder à la propriété, à l'investissement et à la transmission ? Quelle valeur accordons-nous à ceux qui bossent, entreprennent, prennent des risques et créent de la valeur ? Qui va investir dans notre pays alors que l'Etat est à sec ? Est-ce que la liberté a un avenir quand l'Etat veut tout légiférer, contrôler, ponctionner ? Le moment est venu de répondre à ces questions (entre autres) et d'arrêter de penser que les Français ne seraient pas capables d'écouter, de comprendre et d'analyser différents projets politiques. La gauche a le courage d'aller voir ses électeurs pour leur demander de trancher ; si la droite et le centre refusaient d'en faire de même, ses candidats porteraient une immense responsabilité en cas d'un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Oui à une primaire de projets ! Lionel Roques est entrepreneur et auteur de « Laissez-nous bosser ».