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« L’impression qu’on n’a pas de futur » : plusieurs centaines d’élèves en colère bloquent le lycée Chevrollier à Angers

Ouest-France · 30/09/2026 · ← revue

Qu’ils se rassurent, on peut réussir sa vie, même si ça ne veut pas dire grand-chose, en sortant du lycée Chevrollier… La preuve en cette rentrée 2026 avec l’intégration de deux élèves de la classe préparatoire ECT (économique et commerciale option technologique) à la prestigieuse école HEC après avoir décroché un bac STMG au lycée de la Roseraie, à Angers (Maine-et-Loire).

Ce discours d’optimisme n’était toutefois pas entendable, ce dernier mercredi de septembre, devant les grilles de Chevrollier alors que des caddies de supermarché et des palettes brûlaient et que des pétards résonnaient au milieu de la rue Recouvreur. Les forces de l’ordre avaient été déployées discrètement.

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Bloqué une heure mardi matin, le plus grand lycée public d’Angers, l’un des plus grands des Pays de la Loire (2 500 élèves), a été presque complètement asphyxié hier à partir de 7 h 50. Quelques lycéens avaient toutefois pu pénétrer normalement dans l’enceinte de l’établissement avant le blocage, d’autres rejoignant leurs cours par une porte dérobée en montrant patte blanche. Pour la dernière journée de sa carrière dans l’Education nationale, le proviseur adjoint Dominique Vétault, dix ans de Chevrollier, aura été servi.

« On est 35 par classes, on manque de profs »

Devant le parvis du lycée, les élèves naviguent entre colère et désespoir. Certains sont très politisés, souvent proches du parti LFI et n’hésitant pas à chanter leur détestation du Front national. Ils figuraient d’ailleurs parmi les manifestants mardi à Angers. D’autres regrettent ce feu qui brûle au milieu de la rue et qui dessert nos revendications. La plupart se disent fatigués, dépités, inquiets. C’est un mécontentement général de la jeunesse. Ce n’est pas contre le lycée Chevrollier, c’est général et c’est partout en France. Aujourd’hui, ça explose. On n’a l’impression qu’on n’a pas de futur. C’est quoi notre futur dans cette France-là, dit une lycéenne. On fait 8 h - 18 heures sans pouvoir souffler. On est 35 par classe et on manque de profs, dit une autre. On n’a pas envie de se laisser faire. On veut entendre parler d’écologie et qu’on se préoccupe de la santé mentale de la jeunesse, déplore sa camarade. On ne peut pas tout mettre sur les jeunes des quartiers. Oui, on est le lycée du quartier de la Roseraie et on est donc des jeunes de la Roseraie, s’emporte une troisième en référence à un mail aux familles du proviseur de Chevrollier, Jean-Marc Boigné, jugé stigmatisant.

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À la pause déjeuner, c’était un peu plus calme devant le lycée mais la plupart des élèves ont assuré que le mouvement de colère et de blocage ne cesserait pas avant la fin de la semaine. Les lycées David-d’Angers, Renoir et Du Bellay pourraient se joindre au mouvement aujourd’hui.