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Côtes-d'Armor : près de Dinan, cette école tire un trait sur le chauffage au fioul

Les Échos · 30/09/2026 · ← revue

À Saint-Hélen, dans les Côtes-d'Armor, le chantier de l'école touche à sa fin. Le 2 novembre prochain, les quelque 110 élèves du groupe scolaire Emilie et Germaine Tillion retrouveront un bâtiment débarrassé de sa chaudière au fioul. Construit au début du XXe siècle puis agrandi, l'établissement a fait l'objet d'une rénovation globale : isolation des murs, combles et planchers, remplacement des menuiseries et de la verrière, ventilation double flux, éclairage LED et installation d'une pompe à chaleur air-eau. Coût de l'opération : 1,46 million d'euros. À la clé, une baisse de 62 % de la consommation d'énergie et de 91 % des émissions de CO2, ainsi qu'une économie estimée à près de 9.800 euros par an sur la facture énergétique. Le confort d'été a également été intégré au projet. Là où certaines pièces pouvaient atteindre 33,1 °C, elles devraient, désormais, rester sous 28 °C durant 98 % du temps scolaire.

Une facture à réduire

Pour cette commune de 1.531 habitants, l'enjeu était à la fois énergétique et financier, le fioul représentant 85 % de la consommation du site. « Le projet répondait à un triple enjeu : écologique, économique et réglementaire », explique Olivier Boixière, maire de Saint-Hélen. La commune, qui ne dispose ni de service technique ni de bureau d'études, s'est appuyée sur un économe de flux mis à disposition par le Syndicat départemental d'énergie des Côtes-d'Armor (SDE22) et financé par le programme national ACTEE. De l'audit énergétique au montage des dossiers de subvention, celui-ci a accompagné le projet. Côté financement, le chantier repose sur une dizaine de contributeurs, parmi lesquels l'Etat, le département, Dinan Agglomération, la région, le Fonds vert et ACTEE. Saint-Hélen en assume environ 30 % du coût. « Pour une petite commune, l'enjeu est autant de disposer d'une expertise technique que de trouver les financements permettant de passer à l'acte », souligne Dominique Ramard, président du SDE22 et vice-président de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR).

L'avenir d'ACTEE en question

Au niveau national, la dynamique engagée avec des projets tels que celui de Saint-Hélen pourrait se trouver rapidement freinée. Le programme ACTEE doté de 220 millions d'euros sur 2023-2026 doit être prolongé en 2027 afin d'achever les projets engagés. La quatrième génération de dossiers, qui doit mobiliser une enveloppe de 315 millions d'euros, risque en revanche de faire les frais des économies budgétaires nationales. Dominique Ramard appelle à ne pas interrompre le dispositif. « Le risque serait de créer un vide en matière d'accompagnement et d'ingénierie », prévient-il. Pour lui, cette continuité est d'autant plus importante que les communes entament un nouveau mandat municipal et disposent de cinq ans pour engager et mener à bien des opérations souvent longues. À Saint-Hélen, le maire mesure le chemin parcouru : entre l'audit et la livraison de l'école rénovée, près de quatre ans se seront écoulés. « Nous avons besoin de visibilité pluriannuelle sur les aides pour pouvoir engager ces projets dans la durée », insiste Olivier Boixière.

Stéphanie Bescond