Jeune blessé à Tours sur un blocus lycéen : ses lésions « compatibles » avec un tir de LBD
Les lésions d’un jeune homme, blessé ce mercredi à Tours lors du blocus de lycées, sont « compatibles » avec un tir de LBD, a annoncé la procureure de la République de la ville. Les résultats des examens médico-légaux montrent que « les lésions à l’œil sont compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD », a affirmé sur X Catherine Sorita-Minard, en précisant que « l’enquête se poursuit ». Elle a ajouté que la victime, prise en charge médicalement aux urgences, « sera entendue ultérieurement ». La magistrate a annoncé avoir saisi l’IGPN.
« Violences d’intensité assez élevée »
L’origine de cette blessure est « non déterminée » à ce stade. Sur les réseaux sociaux, la vidéo d’un jeune homme assis, la tête ensanglantée, a été plusieurs fois partagée. Des vérifications sont actuellement menées par la Police nationale d’Indre-et-Loire afin d’établir « si cette blessure résulte d’un tir de LBD », lanceur de balles de défense, a indiqué la préfecture à l’AFP.
Selon la préfecture, le jeune homme a été pris en charge alors que les forces de l’ordre, intervenues avec les pompiers pour mettre fin à plusieurs incendies, étaient prises à partie, notamment par des jets de projectiles. Elles s’appuieront sur les déclarations des policiers concernés, les images de leurs caméras-piétons ainsi que sur les témoignages des personnes présentes.
« Les violences sont d’une intensité assez élevée à Tours », a indiqué le directeur de cabinet du préfet d’Indre-et-Loire, Pierre-Ange Savelli. Mardi, six personnes ont été interpellées pour des faits de violences par jets de projectiles sur les forces de l’ordre, notamment. Deux d’entre elles sont convoquées, avec leurs parents, devant le juge des enfants, et seront jugées en novembre, a annoncé la procureure.
Appel au calme
Ce mercredi, les violences sont du même ordre, selon la préfecture, qui a indiqué que de nouvelles interpellations avaient eu lieu. Un feu de poubelle à proximité du lycée Paul-Louis-Courier a provoqué une fuite de gaz enflammé, conduisant à l’évacuation de l’établissement et à la mise en place d’un périmètre de sécurité de 150 mètres. Le maire écologiste de la ville, Emmanuel Denis, « appelle au calme » dans un communiqué. Il demande « que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet incident ».
L’université de Tours a annoncé la fermeture de trois de ses sites jusqu’à jeudi soir, « compte tenu des risques de trouble à l’ordre public », dans un message aux étudiants consulté par l’AFP. « Le mode d’action choisi nous prive de tout espace de dialogue et nous empêche malheureusement de concilier l’expression légitime d’un mécontentement et la continuité de nos missions de service public », a écrit le président de l’université, Philippe Roingeard, appelant « à la responsabilité collective ».