Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Manifestation du 29 septembre à Rennes : environ 4 000 personnes dans les rues, des débordements au lycée Bréquigny

Le Télégramme · 29/09/2026 · ← revue

Hier

Ce direct est terminé. Vous pouvez continuer de suivre toutes l'actualité sur letelegramme.fr

D'après les syndicats, 4 850 personnes ont pris place dans le cortège qui a manifesté à Rennes ce mardi 29 septembre.

Le défilé dans les rues de Rennes est terminé.

Après les feux de poubelles autour du lycée Bréquigny ce matin, le calme est revenu. La préfecture qualifie ces faits d'"inconscients et d'extrêmement dangereux". En fin de matinée un petit groupe a provoqué la police venue pour disperser la foule. Pendant l'intervention des forces de l'ordre, une policière a été blessée après avoir reçu un pavé sur son casque. Vers 12 h 30, trois jeunes ont été interpellés pour des jets de projectiles sur les forces de l'ordre.

Selon la préfecture, 3 250 personnes ont défilé dans le cortège rennais. Un tiers sont des jeunes et des lycéens.

La manifestation progresse actuellement sur le quai Émile-Zola. Menée par l'Union Pirate, la jeunesse a pris la tête du défilé et représente environ les trois quarts des personnes présentes. Dans une ambiance tendue, ce groupe entonne des slogans anti police. Le bloc intersyndical ferme la marche. Le défilé s'y déroule dans le calme, sur un rythme plus timide, aux cris de « De l'argent il y en a dans les caisses du patronat ! De l'argent il en faut pour les caisses des hôpitaux ! ».

L'intersyndicale vient de prendre la tête du cortège à quelques minutes du départ. La préfecture a comptabilisé 2 500 participants, contre 4 000 espérés par les organisations syndicales. C'est en prévision de cette affluence que les autorités avaient préalablement modifié le tracé de la manifestation.

Scène surprenante : plusieurs jeunes posent en photo devant l'incendie pour poster sur leurs réseaux sociaux. Selon les informations recueillies par notre journaliste présent sur place, les personnes à l'origine de ces actes et des dégradations ne seraient pas des élèves de l'établissement.

Élise, professeure d'anglais au lycée Joliot-Curie de Rennes, est présente sur l'esplanade Charles-de-Gaulle pour manifester pour réclamer la revalorisation du point d'indice et le recrutement de nouveaux enseignants face à des classes de plus en plus chargées. Dans son établissement, la moyenne atteint aujourd'hui 35 élèves par classe. « Mon salaire n'augmente pas et mon pouvoir d'achat ne fait que diminuer », déplore-t-elle.

La situation s'est nettement tendue à proximité du plus grand lycée de Bretagne. Les CRS sont arrivés sur place vers 10 h et se tiennent pour l'instant en observation. Des feux de poubelles ont été allumés et plusieurs jets de pétards résonnent au milieu de face-à-face tendus. Pour bloquer les accès, des lycéens ont également monté des barricades en récupérant les barrières d'un chantier voisin. « On ne peut plus travailler », déplore ainsi l'un des ouvriers touché par ces perturbations.

Depuis ce matin, 8 h le lycée Jean-Macé qui scolarise 1 000 élèves en centre ville de Rennes est bloqué. Cagoule noire de ski ne laissant apparaître que ses yeux, autocollant Le poing levé sur son jean, un jeune explique : « Nous sommes solidaires de la grève d’aujourd’hui. Le rectorat a supprimé 180 postes de professeurs dans le secondaire en Bretagne et 80 postes en primaire. On ira à la manifestation ce matin. » A quelques mètres de là, Lionel Hays, le proviseur de Jean-Macé, surveille les entrées et les sorties. « Les jeunes ont mis en place un barrage filtrant… Les internes sont autorisés à entrer dans le lycée ainsi que les BTS et les professeurs. La préfecture n’a pas donné l’ordre d’évacuer les barricades. On ne sait pas comment va se dérouler le reste de la journée. » Un peu plus loin deux autres élèves de seconde, s’interrogent. « On va rentrer chez nous. On a vu nos professeurs faire demi tour. On n’aura pas cours aujourd’hui. »

Les organisations syndicales ont fixé le rendez-vous à 11 h pour se rassembler avant une grande manifestation dans le centre ville. "La mobilisation intersyndicale sera un test important et donnera le ton pour les semaines à venir", confie Fabrice Lerestif de Force Ouvrière. "J'appelle tous les salariés du public et du privé à nous rejoindre."

"Je suis venu à l'appel des lycéens et des lycéennes pour leur apporter mon soutien, pour plus de moyens pour l'Education nationale. Je ne veux pas que ça dégénère ici. Les dernières images ces derniers jours m'ont alerté sur la manière dont on traite nos jeunes qui revendiquent aujourd'hui. J'étais à leur place il y a quelques années, la police ne réprimait pas de cette manière."