Tout est parti d’un groupe WhatsApp sans mamie : depuis Saint-Malo, Famileo envoie désormais sa gazette à 280 000 familles à travers le monde
Souvent, la création d’entreprise part d’une histoire personnelle. Celle de Tanguy de Gélis raconte l’isolement de sa grand-mère. « On avait tous une boucle WhatsApp entre cousins qui fonctionnait très bien, sur laquelle on était tous, sauf ma grand-mère », se souvient-il. Et lui offrir une tablette n’y changera rien : l’objet prend la poussière. « Elle a fini par m’avouer qu’elle regrettait les lettres et les cartes postales qu’on s’envoyait avant », poursuit Tanguy de Gélis. Famileo va naître. À Saint-Malo (35), le fondateur s’associe à Armel de Lesquen pour imaginer un journal papier (une gazette), créé par les familles, en associant des photos et des textes, qui est ensuite imprimé et envoyé directement par La Poste. « L’idée, c’est vraiment de respecter les usages et les codes de chacun », insiste Tanguy de Gélis. En amont, une appli intuitive destinée aux enfants, où qu’ils soient, et, à la fin, « un cadeau qui peut rester sur la table basse ».
15 millions d’euros de chiffre d’affaires
Ce qui aurait pu être un effet de mode finit par s’installer, notamment pendant la pandémie de covid-19. Désormais, 280 000 familles sont abonnées, pour autant de gazettes imprimées tous les mois par l’entreprise et ses 70 salariés. Le chiffre d’affaires a dépassé les 15 millions d’euros, en 2025, avec près de 10 % de croissance l’année dernière. Et Famileo grandit maintenant à l’international.
« Aujourd’hui, on est bien présents en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni. On a également des clients en Espagne, aux États-Unis et au Canada. Et on travaille actuellement sur un projet en Allemagne », résume Tanguy de Gélis. Pour développer son activité, l’entreprise a aussi noué des partenariats avec des maisons de retraite et des Ehpad. Plus récemment, Famileo a mis en place un cahier de vie à destination de personnes en situation de handicap, là encore pour garder le lien avec les familles.
« Le papier, c’est une saveur particulière »
Pour autant, pas question de toucher à l’ADN de l’entreprise en se passant du papier. Les nouveautés passent donc par ce format, comme l’album de l’année qui permet d’imprimer un livre complet. « Le papier, c’est une saveur particulière que le numérique n’aura pas », promet le cofondateur… Même si ses coûts ont flambé, alors que l’abonnement débute toujours à 5,99 euros par mois. « La valeur du papier, l’évolution du prix du timbre… C’est une vraie lutte pour garder le prix le plus accessible possible. Donc on doit avoir les yeux rivés en permanence sur les coûts », reconnaît-il. Idée maligne pour conserver les abonnements : une cagnotte commune à chaque famille et intégrée à l’application permet à chacun de régler tout ou partie de l’abonnement mensuel. De quoi maintenir une belle rentabilité et participer au dynamisme de la région : Famileo imprime toujours une bonne partie des gazettes dans plusieurs sites bretons.