Revue de presse

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« Nous avons perdu du terrain » : les tags se multiplient dans le centre de Rennes et c’est à cause de la sécheresse

Le Télégramme · 29/09/2026 · ← revue

C’est une manière de « s’approprier l’espace public » pour certains. Pour beaucoup d’autres, notamment les autorités, il s’agit d’actes de vandalisme punis par la loi. Dans cette dernière catégorie, on trouve aussi le chef de file de l’opposition de centre-droit au conseil municipal, Charles Compagnon. Celui qui a fait de la lutte contre les tags l’un de ses chevaux de bataille a de nouveau tiré la sonnette d’alarme, lors de la séance de ce lundi 28 septembre : « En cette rentrée, il suffit de marcher dans Rennes pour constater l’ampleur du phénomène. C’est un vrai désastre ».

Interpellée par son ancien concurrent aux élections, la maire de Rennes Nathalie Appéré ne l’a pas contredit - suffisamment rare pour être souligné. « Il y a un certain nombre de façades très dégradées, particulièrement sur le centre-nord », reconnaît la patronne de l’Hôtel de ville. « Sur certains secteurs où je considère que nous avions repris la main, nous avons reperdu du terrain cet été. Il y a des moments, dans la guerre des tags, où des batailles sont perdues et j’en concède actuellement sur ce secteur. »

Le nettoyage des façades interdit par arrêté préfectoral

Une recrudescence due à des serial-graffeurs qui redoubleraient d’efforts ? Non, à en croire l’édile. La raison est plutôt à chercher du côté de la sécheresse. Et plus précisément dans les petites lignes de l’arrêté préfectoral qui liste les restrictions en vigueur pour économiser la ressource en eau. Parmi celles-ci : interdiction de nettoyer les façades des bâtiments. Une mesure entrée en vigueur pour les professionnels le 14 août. Et qui touchent donc les agents municipaux chargés d’effacer les inscriptions.

« Cet arrêté nous condamne à concentrer nos interventions sur les inscriptions à caractère injurieux pour lesquels nous avons obtenu une dérogation de la préfecture », détaille Nathalie Appéré. Pressée de mettre en place « une véritable politique de sanction », l’édile admet que la lutte anti-tags est loin d’être simple. « Quand bien même les secteurs sont couverts par la vidéoprotection, les personnes sont souvent masquées, ce qui rend leur identification très difficile. Leur interpellation ne peut avoir lieu que sous le régime de la flagrance. » La Ville de Rennes, ajoute-t-elle, porte plainte systématiquement.