Revue de presse

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Une journée de tension dans les lycées, où la mobilisation s’étend

Ouest-France · 29/09/2026 · ← revue

« Bloquer notre lycée, c’est le seul moyen que nous avons pour nous faire entendre », déclare Alice. La jeune femme compte, ce mardi 29 septembre, parmi les 300 élèves massés devant le lycée Jean-François-Millet, à Cherbourg-en-Cotentin (Manche), pour dénoncer le manque de moyens. « Pas de budget, pas d’avenir », crient des lycéens à Falaise (Calvados). « Nous soutenons nos professeurs en grève », insiste une lycéenne mobilisée à Paris.

À travers la France, 338 établissements au total ont été touchés par le mouvement lycéen ce mardi, selon les chiffres communiqués à la mi-journée par le ministère. Plus de 400, selon l’Union syndicale lycéenne (USL). Après avoir débuté la semaine dernière en banlieue parisienne, la grogne lycéenne fait donc tache d’huile. Avec, pour carburant, les sureffectifs en classe, le non-remplacement des profs absents, la dégradation des locaux. Mais aussi le stress provoqué par Parcoursup ou encore l’interdiction du téléphone portable.

Violences urbaines

Des poubelles jaunes massées devant les grilles des lycées, des banderoles, des slogans. Mais aussi des scènes de violences urbaines. À Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), des échauffourées ont éclaté entre les forces de l’ordre et des manifestants vêtus de noir, à proximité du lycée Aristide-Briand. À Nantes, la Région dénonce l’agression d’un agent. Tandis qu’à Rennes, trois mineurs ont été interpellés alors qu’un petit groupe allumait des feux de poubelles, et une policière a été blessée, selon la préfecture. Des mortiers d’artifice ont été tirés devant le lycée Europe de Cholet (Maine-et-Loire), sans faire de blessés. Au niveau national, ces mouvements ont donné lieu à plusieurs dizaines d’interpellations. Le ministère signale aussi « 10 blessés, élèves et personnels ». En outre, BFMTV a déposé plainte après l’agression de ses journalistes « molestés et insultés » devant le lycée Paul-Éluard, à Saint-Denis.

Bras de fer politique

Alors que l’USL appelle à une reprise de la mobilisation dès jeudi, le gouvernement et la droite fustigent l’attitude de la France insoumise, qui appelle à étendre le mouvement. Un bras de fer a d’ailleurs opposé Jean-Luc Mélenchon et le Premier ministre sur les réseaux sociaux ces dernières heures. Le candidat LFI à la présidentielle a dénoncé un exécutif « qui ordonne la répression avec un arrière-goût raciste évident ». Réponse immédiate de Sébastien Lecornu : « Racialiser un débat sur la sécurité des élèves, c’est ajouter de la division là où un responsable politique devrait chercher à ramener le calme ». De son côté, la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, pointe du doigt « une instrumentation politique de LFI », au moment où les députés Louis Boyard, Thomas Portes et Clémence Guetté sont allés soutenir les lycéens. Pour sa part, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, estime que « quand le gouvernement envoie la police, il organise les débordements ».