Revue de presse

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Côtes-d'Armor : l'exploitant du parc éolien de Saint-Brieuc devant la justice

Les Échos · 29/09/2026 · ← revue

Cinq ans après les faits, l'affaire de la fuite d'huile sur le chantier du parc éolien en mer de la baie de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor, est entre les mains du tribunal. Jeudi 24 septembre, le parquet de Brest a requis la relaxe d'Ailes Marines, filiale d'Iberdrola, poursuivie pour le rejet en mer d'une substance considérée comme polluante.

Six rejets pendant le chantier

Au coeur du dossier, une fuite survenue le 14 juin 2021, lors des opérations de forage destinées à installer les fondations des futures éoliennes. Le navire Aeolus, exploité par le groupe néerlandais Van Oord, sous-traitant d'Ailes Marines, avait alors signalé une perte d'huile après le desserrage d'une pièce servant au guidage du dispositif de forage. Des moyens aériens avaient repéré à la surface de l'eau une nappe longue de 16 kilomètres et large d'environ 3 kilomètres, à une vingtaine de kilomètres d'Erquy. Quelque 170 litres de Panolin, une huile hydraulique biodégradable, avaient été rejetés en mer. La nappe s'était dispersée naturellement dès le lendemain. Pour le ministère public, l'absence de preuve d'un dommage environnemental et la toxicité limitée du produit ne permettent pas de caractériser l'infraction. La répétition des rejets sur le chantier a néanmoins justifié la tenue du procès. La fuite du 14 juin n'était en effet pas isolée. Entre le 26 mai et le 28 juillet 2021, six rejets d'huile hydraulique avaient été signalés, certains portant sur quelques litres seulement. Après le plus important, le chantier avait été temporairement suspendu.

Un impact environnemental contesté

Ailes Marines conteste également la qualification de « substance nuisible ». La société fait valoir que le Panolin avait été choisi pour son caractère biodégradable et qu'il ne figure pas, selon sa défense, parmi les produits toxiques visés par la réglementation européenne. Elle met aussi en avant le signalement rapide aux autorités et l'arrêt des travaux après la fuite. Les parties civiles défendent une autre lecture du dossier. Plusieurs associations environnementales, ainsi que les comités régional et départemental des pêches et la commune d'Erquy, ont demandé des dommages et intérêts. Elles contestent notamment l'absence d'impact environnemental retenue par le parquet et la défense et estiment que le rejet aurait pu être évité. Au tribunal désormais de trancher sur la responsabilité d'Ailes Marines, alors que le parc et ses 62 éoliennes sont aujourd'hui pleinement opérationnels. Décision le 9 octobre.

Stéphanie Bescond