Elu au Sénat de justesse, Renaud Muselier quitte la présidence de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et soutient Gérard Larcher

« Dimanche, j’étais persuadé d’avoir perdu. » Miraculé de l’élection sénatoriale dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier (Renaissance) ne cache pas le « goût amer » que lui laisse le scrutin. Président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) depuis 2017, ancien député et secrétaire d’Etat, second d’une liste investie à la fois par Les Républicains (LR), l’Union des démocrates et indépendants et Renaissance, l’élu marseillais n’a décroché que d’extrême justesse le dernier des huit sièges en jeu. Vingt-cinq voix devant le sénateur d’extrême droite sortant Stéphane Ravier. « C’est très loin de ce qu’on espérait et cela mène à l’humilité (…). Au final, je suis sénateur. Tant pis pour ceux qui voulaient se débarrasser de moi », attaque Renaud Muselier, qui, quelques heures après le scrutin, est apparu requinqué, lundi 28 septembre, au cours d’une conférence de presse. « J’ai signé [dimanche] à 20 heures ma démission de la présidence de la région », explique-t-il, confirmant vouloir que le Varois François de Canson, maire (divers droite) de La Londe-les-Maures, lui succède. Une assemblée plénière exceptionnelle en décidera lundi 12 octobre. D’ici là, le Niçois Christian Estrosi, président délégué (Horizons) de la région, assurera l’intérim, « comme le prévoit la loi », précise Renaud Muselier. Si l’ex-maire de Nice, battu en mars par son meilleur ennemi, Eric Ciotti (Union des droites pour la République), a récemment fait un retour médiatique remarqué, il semble avoir validé le choix de François de Canson. « Cela a été discuté et validé en réunion de la majorité régionale, y compris par Christian Estrosi », confirme Anthony Borré, ancien premier adjoint de l’ex-maire de Nice. Renaud Muselier, lui, n’abandonne pas totalement le conseil régional et souhaite rester chargé « des financements européens, des Jeux olympiques d’hiver 2030 et des Bouches-du-Rhône ». Mais son avenir est ailleurs. « Je suis concentré sur la présidentielle », assure celui qui a signé une tribune de soutien à Gabriel Attal (Renaissance) et qui affirme aujourd’hui que sa priorité est qu’il n’y ait qu’« un seul candidat représentant la droite et le centre ». Au Sénat, il votera pour la réélection du président (LR) Gérard Larcher, qui a soutenu sa liste et pour lequel il dit avoir une « amitié profonde », mais ne précise toujours pas dans quel groupe il siégera. Difficile toutefois de l’imaginer sur les bancs du groupe Les Républicains. Lundi, il a qualifié le soutien du président du parti LR, Bruno Retailleau, à son adversaire Valérie Boyer, sénatrice LR sortante, de « trahison nationale ».