Algues vertes. Sans aller jusqu’à dénoncer l’inaction de l’État, le maire de Lorient veut que « ça aille plus vite »
Lors d’un entretien accordé avec Ouest-France ce lundi 28 septembre 2026, Fabrice Loher, maire de Lorient (Morbihan) et président d’agglomération, est revenu sur le phénomène des algues vertes qui ont proliféré cet été. Il fait aussi le point sur les risques de submersion marine.
La présidente de la Chambre régionale des comptes (CRC) de Bretagne pointe le retard des actions contre les algues vertes dans les vasières, alors qu’elles concentrent l’essentiel des échouages. Faut-il intégrer la vasière du Ter à Lorient aux plans de lutte contre leur prolifération ?
Oui. Je constate une aggravation du phénomène. Les algues vertes prolifèrent aussi sur la zone de Zanflamme à Kernevel et on a constaté leur développement du côté du K3 (à la base de sous-marins de Lorient, N.D.L.R.), cet été. J’ai donc demandé dès juillet à l’État d’intégrer le plan de lutte contre la prolifération des algues vertes. Cela sera le cas en 2027 ou 2028.
Pourquoi pas avant ? Du point de vue de l’État, il y a de telles priorités à traiter aujourd’hui sur cette question des algues, notamment au nord de la Bretagne, qu’il ne considère pas la situation de notre territoire comme justifiant une action urgente. C’est ainsi.
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Dénoncer l’inaction de l’État ? « Ce n’est pas si simple »
Est-ce qu’il ne faut pas rappeler à l’État, comme le fait la Cour des comptes, que son action a été jugée insuffisante jusqu’ici ?
J’essaie d’avoir un lien de confiance et de travail collaboratif avec l’État. Ça ne veut pas dire qu’on est d’accord sur tout. Là, je préférerais que ça aille plus vite. Mais je ne vais pas commencer à dénoncer l’inaction de l’État. Oui, la Chambre régionale du compte a pointé cet élément-là. Mais ce n’est pas si simple. On est en crise agricole. On a aussi besoin de soutenir nos agriculteurs. Des interdictions immédiates d’utilisation de certains produits, on le sait, peuvent créer des difficultés structurelles pour les exploitations. Tout ça est toujours affaire d’équilibre et de prise en compte des préoccupations des uns des autres.
Donc, on ne fait rien ?
Bien sûr que non. Nous allons plus que jamais continuer nos actions avec l’agglomération sur les bassins versants, sur l’adaptation des techniques agricoles, la lutte contre les produits phytosanitaires, l’emploi de certains engrais et pesticides plus particulièrement polluants, la protection des zones de captage, des zones humides…
Nous avons des politiques mises en œuvre au travers des comités de bassin ou des syndicats, en lien avec la région Bretagne, notamment quand on est sur les reconstitutions de haie bocagère. Elles marchent, même s’il faut accélérer.
Contre la submersion marine, « élaborer une stratégie »
Le sujet de la submersion marine est sur votre bureau. 140 maisons sont aujourd’hui exposées à ce risque à Gâvres, à Guidel, Larmor, Ploemeur, Lanester, Groix. Concrètement, qu’allez-vous faire ?
Nous sommes dans l’élaboration de ce qu’on appelle une stratégie intégrée du trait de côte, un plan global qui permettra d’apporter des réponses structurelles aux six communes concernées et potentiellement, peut-être, à d’autres, puisque ça va concerner toute l’agglomération et certains secteurs de Lorient, du côté du Quai de Rohan et du port de commerce. C’est assez naturel puisque ce sont des terrains qui ont été gagnés sur la mer dans les années 1950. La mer et la nature ne font que nous rappeler à son bon droit.
Le travail mené est important. Il faut d’abord connaître le phénomène, établir une cartographie. Et à partir de là, on pourra élaborer des scenarii d’intervention et déterminer des moyens pour y faire face. C’est pour ça que j’ai intégré le bureau de l’Association nationale des élus des littoraux, l’Anel.
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Lutter contre la submersion marine aura un gros coût. Comment allez-vous faire ?
La question des moyens alloués se posera vite, parce que derrière, c’est le déplacement des habitations, de propriétaires, le financement des ouvrages pour faire face au phénomène de submersion…
Nous menons aussi des expériences que je vais rapporter à l’Anel, sur la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature. Créer des ouvrages ou des digues en béton pour stopper les risques de submersion marine, ça marche de moins en moins. On voit les dégâts des tempêtes sur les ouvrages bétonnés sur la côte. On reconstitue donc plutôt des cordons dunaires, on déplace du sable pour recréer des plages. Ces solutions diverses, mises en œuvre sur Kerguelen ou actuellement sur Gâvres, montrent une plus grande efficacité.