Revue de presse

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Crash du vol AH 5017 d’Air Algérie : « Jennifer n’aurait pas voulu que l’on baisse les bras », disent les proches de cette victime bretonne

Le Télégramme · 28/09/2026 · ← revue

« On se sent un peu abattus. Le procès du mois de mars ne nous a pas donné toutes les réponses sur l’accident. On veut surtout que jamais pareil drame ne se reproduise. » Aurélie Masson, Vitréenne de 37 ans, a perdu son amie d’enfance, Jennifer Gallon, âgée de 25 ans, dans le crash du vol AH 5017 d’Air Algérie, le 24 juillet 2014. L’avion reliait Ouagadougou, au Burkina Faso, à Alger. Il s’est écrasé dans le nord du Mali, causant la mort de 116 personnes, dont 54 Français.

Quatre Bretonnes figuraient sur la liste des victimes. Jennifer Gallon était accompagnée de Katell Floury, 25 ans, originaire de Colpo (56). Toutes les deux revenaient d’un séjour en Afrique, auprès d’une troisième amie, engagée dans l’humanitaire. Deux autres disparues étaient également originaires de la région : Maëna Volant, 24 ans, avait grandi à Dolo, dans les Côtes-d’Armor, et Laurence Travers, 38 ans, venait de La Chapelle-Erbrée, près de Vitré (35).

« Il y a eu un jeu d’usure »

Les familles et proches de victimes retiennent aujourd’hui leur souffle. Douze ans après le crash et six mois après le procès où la compagnie Swiftair a été jugée pour homicides involontaires, le tribunal correctionnel de Paris va rendre son délibéré, ce lundi. L’attente et l’angoisse sont fortes. « Le premier procès était prévu en octobre 2023 et Swiftair a réussi à le faire repousser. Il y a eu un jeu d’usure qui nous a tous atteints psychologiquement. Si on a tenu bon, c’est parce qu’on est soudés et que l’association AH5017-Ensemble nous a tous aidés », résument, depuis Vitré, le parrain de Jennifer, Jean-Luc Masson, et son épouse Thérèse.

Très proche d’eux, le frère de Jennifer, Julien Gallon, 31 ans, ne veut surtout pas que sa sœur et toutes les autres victimes « soient mortes pour rien ». Ils iront tous écouter le délibéré au tribunal judiciaire de Paris, ce lundi 28 septembre. « Jennifer était une battante et détestait l’injustice. Elle n’aurait pas voulu que l’on baisse les bras. Notre maman est morte d’épuisement et de chagrin en 2020. Mon autre sœur et moi leur devons bien cela. » La vie professionnelle de la jeune femme démarrait à peine. « Elle s’était autorisé ce voyage avant de décrocher un emploi », rappelle le Bretillien. Il espère désormais que la culpabilité de la société Swiftair, propriétaire de l’avion, « sera écrite noir sur blanc ».

225 000 euros d’amende requis

« L’une des boîtes noires étant inexploitable, on n’aura jamais le détail des conversations dans le cockpit. Mais on sait que la non-activation du système d’antigivrage est en cause. On sait aussi que les pilotes étaient saisonniers et n’avaient pas volé depuis huit mois. On espère une reconnaissance de tout cela », ajoute Julien Gallon, qui oscille entre espoir et colère.

En mars, le parquet avait requis 225 000 euros d’amende, la peine maximale dans ce type d’affaires. Selon le jugement, l’association AH5017-Ensemble a d’ores et déjà déclaré « qu’elle ira en appel si nécessaire ».