Revue de presse

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Crash d’Air Algérie en 2014 : la compagnie Swiftair condamnée à la peine maximale de 225 000 euros d’amende pour homicides involontaires

Le Télégramme · 28/09/2026 · ← revue

La compagnie Swiftair, propriétaire du MD-83 qui s’était crashé en plein Sahel le 24 juillet 2014, a été condamnée ce lundi à la peine maximale de 225 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris pour homicides involontaires.

Plus de douze ans après le crash sans survivants du vol Ouagadougou-Alger d’Air Algérie dans le nord du Mali, le tribunal a estimé que des « négligences » de Swiftair dans la formation et l’entraînement de l’équipage ont « contribué de façon certaine à l’accident », qui avait causé la mort de 116 personnes.

Claude Floury, dont la fille Katell était dans l’avion, s’est dit « mitigé » à l’issue de la décision. « Soulagé » que la compagnie « ait pris le maximum », il a lancé : « Si les pilotes avaient été formés correctement, nos proches seraient toujours en vie ». « Si on fait un calcul sordide, ça fait moins de 2 000 euros par victime », a-t-il ajouté, entouré de familles de victimes venues en nombre assister au délibéré.

Trois semaines de débats

« Enfin, la responsabilité pénale est établie dans ce dramatique accident et la société Swiftair, qui a cherché par tous moyens à échapper à un procès en France, est enfin rattrapée par les erreurs qu’elle a commises », a de son côté estimé l’avocat de la grande majorité des 116 victimes, Me Sébastien Busy.

En mars, au terme de trois semaines de débats, le parquet avait requis la peine maximale, 225 000 euros d’amende, contre cette compagnie espagnole propriétaire du McDonnell Douglas MD-83 qu’elle avait loué à Air Algérie avec son équipage.

Dans l’appareil qui effectuait le vol AH5017 se trouvaient 110 passagers dont 54 Français, 23 Burkinabè, des Libanais, des Algériens et six membres d’équipage, tous Espagnols.

Le 24 juillet 2014, en pleine nuit, alors que l’aéronef traversait une zone intertropicale orageuse, la non-activation du système d’antigivrage avait conduit à la formation de cristaux de glace dans des capteurs de pression, entraînant la décélération automatique des moteurs, sans réaction appropriée de l’équipage et jusqu’au décrochage fatal, qui n’a laissé aucun survivant.

Le commandant de bord avait manqué une séance de remise à niveau

La boîte noire de l’avion, qui s’est crashé en plein Sahel, n’avait pu être exploitée.

« Il aurait été humain de la part de Swiftair d’admettre des négligences avérées dans la formation des pilotes, et d’admettre que ces négligences ont conduit à la survenance de cet accident aérien qui ne pouvait pas, c’est ma conviction, ne pas arriver », avait estimé la procureure, Valentine Géraud, lors de son réquisitoire.

L’accusation, nourrie d’expertises, avait souligné que le commandant de bord avait manqué une séance obligatoire de remise à niveau portant précisément sur l’antigivrage, et que lui et sa copilote étaient « saisonniers » et sortaient d’une période d’inactivité de plusieurs mois.

La défense de Swiftair avait au contraire pointé un dossier alimenté par les enquêteurs français « ni fait, ni à faire », dont les conclusions ont mis en lumière des manquements de la compagnie comme cause directe de l’accident… à rebours de la justice espagnole, qui a rendu un non-lieu.