Revue de presse

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« Derrière ces bugs, ce sont des victimes qu’on fait attendre » : à Rennes, les policiers dénoncent le manque de moyens

Le Télégramme · 28/09/2026 · ← revue

« Y en a marre de faire la carrière des commissaires. » Au micro David Leveau, secrétaire départemental d’Unité chauffe la soixantaine de policiers qui se sont rassemblés devant le commissariat ce lundi 28 septembre. Malgré la pluie, tous sont venus manifester leur « colère ». « Les commissaires du ministère de l’intérieur ont vu leurs grilles de salaires indexées sur les autres hauts fonctionnaires de l’État, résultat chaque mois ils gagnent au minimum 300 euros de plus. Auparavant, les grilles indiciaires des catégories B et C des agents ont été réévaluées au Journal officiel mais dans les faits, la hausse est fictive. Même si on gagne en ancienneté et en échelon, le salaire ne monte pas », peste une agente administrative venue de Seine-Maritime, fiche d’indexation en main. « C’est du pur trompe-l’œil. »

Au-delà des fiches de paie, c’est la gestion financière du ministère de l’Intérieur qui exaspère le terrain. En cause : la rigidité des marchés publics imposés aux services. « Une simple cafetière ou un micro-ondes pour la salle de pause nous coûte cinq fois plus cher parce que des contrats nous lient à des fournisseurs agréés », dénonce David Leveau du syndicat Unité. « Cet argent gaspillé, c’est celui des contribuables. »

Même constat d‘absurdité sur les équipements d’intervention. « Les gilets pare-balles écrasent la poitrine de nos collègues féminines. À l’heure où l’on parle de prévention du cancer du sein, c’est une aberration », ajoute David Leveau. Côté véhicules, les renouvellements de flotte sont gelés depuis deux ans. Quant à l’informatique, la vétusté des logiciels paralyse le travail quotidien : « Les programmes plantent sans arrêt, obligeant les collègues à refaire les procédures, s’agace franchement David Leveau. Derrière ces bugs, ce sont des victimes qu’on fait attendre. »

Pour ces fonctionnaires, l’impasse rejoint celle des hôpitaux et des écoles. « L’État doit revoir sa manière de dépenser avant de chercher à taxer », tranche le représentant syndical à l’approche de la présentation du budget national. « Quand l’État gérera correctement ses deniers, il y aura enfin des moyens pour les services essentiels : la santé, l’éducation et la sécurité. »