Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« On espère que cette condamnation évitera d’autres morts inutiles » : à Dolo, les parents de Maëna Volant, victime du crash d’Air Algérie en 2014, réagissent

Le Télégramme · 28/09/2026 · ← revue

Dans leur salle à manger de Dolo (22), Philippe et Lise Volant, 63 et 65 ans, vivent au milieu des photos de leur fille, Maëna. Partout, le même sourire « et cette vitalité » qui la caractérisait. Le 24 juillet 2014, la jeune femme a disparu avec 115 personnes dans le crash du vol AH 5017, qui reliait Ouagadougou, au Burkina Faso, à Alger. Deuxième d’une fratrie de quatre, l’étudiante de 24 ans revenait de vacances auprès d’amis burkinabés, rencontrés lors d’un projet humanitaire, trois ans avant.

Six mois après un procès de trois semaines, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement, ce lundi 28 septembre 2026. Le couple costarmoricain n’a pas pu se déplacer pour entendre la condamnation de la compagnie Swiftair, propriétaire de l’appareil, à la peine maximale de 225 000 euros d’amende, pour homicides involontaires. Le tribunal a estimé que des « négligences » de Swiftair dans la formation et l’entraînement de l’équipage ont « contribué de façon certaine à l’accident ».

« Cela ne nous rendra pas Maëna »

« Cela ne nous rendra pas Maëna. Elle ne démarrera pas la formation de danse dont elle rêvait. Elle ne créera pas l’association d’aide aux enfants burkinabés, pour laquelle elle avait rencontré du monde lors de ce dernier voyage. Elle n’écrira plus les jolis textes poétiques que nous avons retrouvé sur son ordinateur, énumèrent ses parents avec émotion. Douze ans à attendre une condamnation, ça a été long. Mais il y a enfin une reconnaissance de culpabilité. Espérons qu’elle permette d’éviter d’autres drames et d’autres morts inutiles. »

Le Finistérien Claude Floury, dont la fille Katell était, elle aussi, dans l’avion, s’est dit, pour sa part, « mitigé » à l’issue de la décision. « Soulagé » que la compagnie « ait pris le maximum », il a lancé, depuis Paris : « Si les pilotes avaient été formés correctement, nos proches seraient toujours en vie ». Autour de lui, beaucoup de familles de victimes sont venues assister au délibéré, avec l’appui de l’association AH 5017-Ensemble et de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac).

« Responsabilité pénale établie »

« Enfin, la responsabilité pénale est établie dans ce dramatique accident et la société Swiftair, qui a cherché par tous les moyens à échapper à un procès en France, est rattrapée par les erreurs qu’elle a commises », a, de son côté, estimé l’avocat de la grande majorité des 116 victimes, Me Sébastien Busy.

Le 24 juillet 2014, en pleine nuit, la non-activation du système d’antigivrage sur l’avion d’Air Algérie, sans réaction appropriée de l’équipage, avait conduit au décrochage fatal, qui n’a laissé aucun survivant. Lors du procès, en mars 2026, l’accusation, nourrie d’expertises, avait souligné que le commandant de bord avait manqué une séance obligatoire de remise à niveau portant précisément sur l’antigivrage, et que lui et sa copilote étaient « saisonniers » et sortaient d’une période d’inactivité de plusieurs mois.