À Concarneau, le maire, mis en examen pour viol, ne démissionnera pas

Il y avait foule au conseil municipal de Concarneau lundi 28 septembre 2026, et même des agents de police municipale. Cette séance suivait la mise en examen du maire Quentin Le Gaillard pour viol et agression sexuelle, le 18 septembre. L’édile, 28 ans, élu en mars 2026 a toujours nié. Il ne s’est pas exprimé en début de conseil. Et a lancé le premier sujet à l’ordre du jour. Mais Manon Rosario, conseillère municipale d’opposition a saisi l’opportunité du premier appel aux questions pour demander la démission du maire : « Vous êtes censé incarner l’institution, vous représentez l’État en qualité d’officier de l’état civil et de police judiciaire. Or la confiance est fragilisée. Cette situation a des conséquences sur la vie municipale. Le climat est délétère pour les élus et les agents municipaux. Les préoccupations quotidiennes des Concarnois passent au second plan. Nous demandons votre démission. Ce n’est pas une condamnation, pas une manœuvre politique. Il s’agit de préserver le bon fonctionnement et la crédibilité de notre institution. » Une salve d’applaudissements a suivi son intervention. Quentin Le Gaillard a réagi à cette attaque « Vous avez beau dire que vous respectez la présomption d’innocence, lorsque vous demandez ma démission vous confondez avec la présomption de culpabilité. Vous êtes dans le jeu politique. » Mais lorsque le bateau tangue, le capitaine tient la barre et va jusqu’au bout, ne lâche pas son équipage.
« Vous êtes un maire légal, mais pas un maire légitime »
Gilbert Le Bris, conseiller municipal et ancien maire de Concarneau, a renfoncé le clou : « Votre communication de crise est désastreuse. C’est une affirmation ridicule de dire qu’il s’agit là d’une attaque politique. C’est de l’institution dont nous devons avoir le souci. La seule solution est que vous démissionniez du mandat de maire en restant conseiller municipal. Cela permettra à la majorité d’élire un nouveau maire et de travailler sereinement. Vous pourrez redevenir maire lorsque vous serez lavé de tout soupçon. Pour l’instant, vous êtes un maire légal mais pas un maire légitime. » Fin de non-recevoir également pour ce dernier. « Vous vous prenez pour un juge ou un procureur », lui a rétorqué Quentin Le Gaillard. Qui a continué d’expédier l’ordre du jour au pas de course. Sortie de la salle à 20h55, Hélène, une ancienne conseillère municipale qui était dans le public, était dépitée : « Je pense qu’il ira jusqu’au bout. Je suis surtout en colère par rapport à la ville : l’image de la commune est écornée. » Avec Matthieu GAIN sur place. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.