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Sénatoriales : les enjeux de la dernière élection avant la présidentielle

Les Échos · 25/09/2026 · ← revue

C'est la dernière élection avant la présidentielle. Ce dimanche, comme tous les trois ans, la moitié du Sénat sera renouvelée, soit 178 des 348 sièges que compte le Palais du Luxembourg. Depuis le début de la Ve République, les secousses politiques sont rares dans la Chambre haute qui représente les territoires, presque toujours dominée par le centre droit, à l'exception d'une parenthèse socialiste entre 2011 et 2014. Si bien que l'issue du vote des 93.469 grands électeurs (95 % sont désignés par les conseils municipaux) ne fait guère de doute. Sauf coup de théâtre, Les Républicains (LR) et leurs partenaires de l'Union centriste (UC) devraient conserver la majorité absolue dans l'hémicycle. Les rapports de force entre les différentes formations politiques ne livreront pas moins de précieux enseignements à sept mois de l'élection présidentielle de 2027.

Retailleau candidat en Vendée avec le centre

A commencer par la probable arrivée d'un groupe d'extrême droite. Pour la première fois, le Rassemblement national (RN), allié à l'Union des droites pour la République (UDR) d'Eric Ciotti, pourrait être en mesure de passer la barre des dix élus. De quoi s'assurer une visibilité accrue dans l'hémicycle grâce à davantage de moyens financiers et parlementaires, alors que le parti de Marine Le Pen ne compte aujourd'hui que trois sénateurs. « Ça sera le fait majeur de ces élections sénatoriales », observe un conseiller LR, qui anticipe la perte d'une dizaine de sièges sur 131 dans son groupe face à la poussée du RN. Un petit revers qui ne bouleversera pas pour autant les grands équilibres. Fort de cinq mandats successifs, le président du Sénat, Gérard Larcher, devrait retrouver sans difficulté son fauteuil au « plateau » et son titre de troisième personnage de l'Etat. Candidat à sa réélection en Vendée, Bruno Retailleau devrait aussi être réélu sans encombre grâce à une alliance locale de la droite et du centre. « Il fait le contraire de ce qu'il dit au niveau national », soupire un proche d'Edouard Philippe, dont la main tendue pour se rassembler à la Toussaint en vue de la présidentielle a été rejetée par le patron de LR, largement distancé par le maire du Havre (Seine-Maritime) dans les sondages.

Les socialistes talonnés par les centristes

Dans les couloirs feutrés du Sénat, les calculettes des conseillers anticipent aussi un possible recul du groupe socialiste, et de ses 64 membres, présidé par Patrick Kanner. Ces derniers pourraient céder leur place de deuxième force dans l'hémicycle aux centristes de l'UC (59 élus) conduits par Hervé Marseille, également président de l'UDI, qui milite pour l'union du centre et de la droite en 2027. De quoi faire évoluer les contours de la future majorité sénatoriale, dont deux autres groupes centristes aimeraient se rapprocher avant la présidentielle. Au grand dam de Bruno Retailleau qui cherche à se démarquer le plus possible du chef de l'Etat et de ses héritiers. C'est le cas du groupe macroniste, RDPI, marqué par la mort accidentelle de leur emblématique président François Patriat en août dernier. Et des Indépendants, constitués notamment d'élus philippistes, encadrés par Claude Malhuret. Au rayon des nouveautés, La France insoumise espère de son côté faire son entrée au Sénat pour la première fois de l'histoire du mouvement. Deux sièges ont été identifiés par les troupes de Jean-Luc Mélenchon, mais la partie est loin d'être gagnée. Le groupe Ecologiste, seize élus, est quant à lui menacé de disparition après ses mauvais résultats à Bordeaux, Strasbourg et à la Métropole de Lyon lors des municipales de mars. Derrière le scrutin de dimanche, la bataille des postes clés a, elle aussi, commencé. Car après le renouvellement de la moitié des sièges viendra celui des présidences de groupes, des commissions ou encore celui de rapporteur général du Budget, jusqu'ici détenu par le sénateur LR Jean-François Husson. Une fonction qui sera hautement stratégique lors de l'examen du projet de loi de finances 2027 ces prochains mois.

Ulysse Legavre-Jérôme