Sénatoriales 2026 : après son échec aux législatives, Marie-Caroline Le Pen veut sa revanche dans la Sarthe

Sénatoriales 2026 : après son échec aux législatives, Marie-Caroline Le Pen veut sa revanche dans la Sarthe REPORTAGE - La sœur aînée de Marine Le Pen est tête de liste dans ce département devenu un laboratoire du parti nationaliste. Elle entend profiter de l’« effondrement de la droite » pour y être élue.
« Excusez-moi de vous déranger, mais j’ai l’impression de vous avoir déjà vu quelque part… » Marie-Caroline Le Pen se retourne vers cette dame, à la chevelure peroxydée et peut-être déjà retraitée, qui a osé braver la distance qui sépare deux personnes qui ne se connaissent pas. L’aînée du clan Le Pen ne se démonte pas. « Oui, bonjour ! Je suis Marie-Caroline Le Pen », répond-elle depuis la terrasse d’une brasserie, place de la République au Mans, la préfecture de la Sarthe. L’inconnue n’en demandait pas moins pour lancer son monologue : « Ah, je suis contente de vous rencontrer ! J’espère que vous y arriverez à la prochaine présidentielle. Jean-Luc Mélenchon me fait trop peur. J’ai aussi entendu parler de cette histoire de policiers qui ramenaient des migrants en France. Vous devez faire quelque chose… » Marie-Caroline Le Pen écoute doctement, assumant une règle cardinale en politique : ne jamais repousser ceux qui pourraient voter pour vous. Pourtant, cette femme n’est pas tout à fait une électrice potentielle pour la sœur de Marine Le Pen. Dimanche, lors des sénatoriales, c’est plutôt les grands électeurs de son département qu’elle espère voir glisser un bulletin Rassemblement national (RN) dans l’urne. Le parti nationaliste a grand espoir de pouvoir faire élire au moins sept sénateurs, et former un groupe à la Chambre haute du Parlement. Leurs espoirs portent sur les départements méditerranéens. « Mais qui sait ? Ce sont les territoires périphériques qui peuvent nous donner quelques surprises, plus belles que celles attendues », confie un proche de Marine Le Pen. » LIRE AUSSI - Sénatoriales 2026 : la droite et le centre veulent contenir la poussée annoncée du RN Marie-Caroline Le Pen, 66 ans, est donc encore sur le front. En bonne soldate du nationalisme, totalement fidèle à la cause, à l’accession au pouvoir de sa sœur, elle est candidate à une nouvelle élection, deux ans après avoir tenté d’être élue députée dans la 4e circonscription de la Sarthe, échouant de peu avec 49,77 % des suffrages. Deviendra-t-elle sénatrice de la Sarthe, prouvant que les Le Pen peuvent entrer dans toutes les Assemblées ? Après tout, Marine Le Pen est députée et Marion Maréchal est députée européenne. « J’ai de l’humilité, et là, franchement, je serais bien incapable de vous dire ce qu’il se passera dimanche », rétorque celle qui est devenue en 2024 la patronne de la fédération RN du département, avec un franc-parler commun à tous les Le Pen.
Une victoire presque « impossible »
Marie-Caroline Le Pen table sur un événement pour être élue. « La droite s’effondre partout en Sarthe, veut-elle croire. Il faut analyser les dernières élections municipales. En 2020, certes, il y avait le Covid, mais la droite faisait 40 % au Mans. Cette année, elle a fait 14 % au premier tour, et elle est arrivée derrière notre liste. » La meilleure preuve, selon elle, de l’implantation du RN dans ce territoire est bien la victoire de Romain Lemoigne à La Flèche en mars dernier. Une élection surprise dont l’architecte n’est autre que Philippe Olivier, l’époux de Marie-Caroline Le Pen et le conseiller spécial de Marine Le Pen. Une victoire presque « impossible ». « À La Flèche, il n’y a ni insécurité, ni immigration », expliquait-il. Reste que la Sarthe est devenue le laboratoire des idées du RN. « Tout le programme de Marine Le Pen peut s’appliquer ici », souffle Marie-Caroline Le Pen, énumérant « les normes », la fracture entre la ruralité et Le Mans ou encore les maires empêchés de réaliser leur projet par la bureaucratie. Après avoir passé des semaines à faire le tour des grands électeurs, Marie-Caroline Le Pen a peut-être trouvé son vrai fief électoral, à l’instar de sa sœur à Hénin-Beaumont. Sans compter qu’elle ne sera pas le seul patronyme familier de sa liste où figure, en troisième position, une certaine Virginie de Gaulle, arrière-petite-nièce du Général. Ce qui pourrait peut-être résonner dans les oreilles des grands électeurs de droite.