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Budget : le plan de Gabriel Attal pour faire 150 milliards d’euros d’économies en cinq ans

Le Figaro · 23/09/2026 · ← revue

Budget : le plan de Gabriel Attal pour faire 150 milliards d’euros d’économies en cinq ans S’il est élu, l’ancien premier ministre promet de ramener les comptes à l’équilibre en dix ans en réformant l’assurance-chômage, l’assurance-maladie et le système des retraites.

Le dispositif avait un soupçon d’ambiance présidentielle. Deux drapeaux français et deux drapeaux européens en arrière-plan, Gabriel Attal présentait ce mercredi son plan pour « répondre aux crises » devant un parterre fourni de caméras et de journalistes. « Les Français ont, depuis plusieurs années, l’impression de vivre au rythme des crises et de les subir », a déclaré le chef de file de Renaissance sur un ton solennel pour ouvrir sa conférence. Sa proposition de candidat à la fonction suprême en 2027 tient en une expression : « reprendre le contrôle » par la « planification » et le « dialogue ». Le matin même, il consultait justement plusieurs économistes de renom (Xavier Jaravel, Natacha Valla ou encore Olivier Blanchard) afin de recueillir leur avis sur les mesures qu’il souhaite mettre en place une fois au pouvoir. Il faut dire qu’un sujet économique inquiète particulièrement l’ancien premier ministre : le dérapage des finances publiques qui entraîne la charge de la dette vers des sommets inquiétants. Elle pourrait dépasser les 90 milliards d’euros dès l’année prochaine. Or « chaque euro d’intérêt de la dette payé, c’est un euro qui ne va ni à l’école, ni à l’hôpital, ni à la défense, ni à la recherche… », a-t-il déploré. Ainsi, sa première « réponse » aux crises serait de réduire le déficit public. » LIRE AUSSI - 3500 milliards de dollars d’intérêts : la dette des États riches coûte plus que la défense, l’IA, ou l’énergie Sur ce point, Gabriel Attal semble vouloir se positionner comme le plus modéré des candidats centristes à l’élection présidentielle. Son rival Édouard Philippe propose, dans son programme, de ramener le déficit d’un peu plus de 5 % du PIB actuellement à 2 % en cinq ans. Le secrétaire général de Renaissance promet, pour sa part, d’arriver « en dessous des 3 % » d’ici 2032, s’il parvient à conquérir l’Élysée. La cible de Gabriel Attal reste toutefois audacieuse. Pour l’atteindre, « il faut faire 150 milliards d’euros d’économies dans les cinq prochaines années », affirme son équipe. Cela correspondrait au « plan de désendettement le plus ambitieux et le plus difficile depuis des décennies », selon Gabriel Attal. Il prévoit notamment de faire environ les deux tiers de ce quantum d’économies « sur les dépenses sociales » via des réformes de l’assurance-chômage, du système des retraites et de l’assurance-maladie. Il y a quelques semaines, il avait également affirmé son ambition de mettre en place un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires afin de supprimer 100 000 postes - en préservant toutefois certains ministères (Éducation, Armées, Justice et Intérieur).

« Tutelle du FMI »

Tout en énonçant les économies qu’il souhaite mettre en œuvre, le candidat a dénoncé le « flou artistique » qui règne sur les mesures de redressement des finances publiques proposées par d’autres candidats à la présidentielle. Il a d’ailleurs été particulièrement virulent à l’endroit de ses concurrents de La France insoumise et du Rassemblement national. « Voter pour Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, c’est voter pour la tutelle du FMI », a-t-il martelé. Pour éviter ce scénario catastrophe, le candidat centriste voit grand et souhaite « mettre fin au déficit et commencer à baisser la dette » avant « la fin d’un deuxième quinquennat » en 2037, explique Paul Midy, député Renaissance et responsable du programme du candidat. En attendant de pouvoir mettre en place ces réformes d’économies, Gabriel Attal a réaffirmé sa stratégie pour le sujet le plus épineux de l’automne : le budget 2027. Le projet de loi de finances (PLF) 2027 doit être présenté la semaine prochaine en Conseil des ministres. Il s’annonce difficile. Le gouvernement a dû inscrire dans son texte une potion amère de 54 milliards d’euros d’économies à cause de la situation dégradée des comptes publics. Malgré l’impopularité de certaines mesures prévues (gel de certaines prestations, économies sur les retraités…), Gabriel Attal se place en facilitateur. Il promet qu’il « n’entravera en rien le gouvernement dans sa tâche de doter le pays d’un budget car l’incertitude, elle, se paye cher ». Et ce, même si « il y aura des mesures dans ce budget avec lesquelles je serai en désaccord ». Il a d’ailleurs pour ambition de faire adopter un projet de loi rectificatif au budget dès le milieu de l’année 2027, s’il est élu. Par ailleurs, le candidat à la présidentielle a consacré une partie de sa conférence à la présentation d’un « plan de sortie des énergies fossiles ». Il propose notamment de favoriser l’électrification du pays via le nucléaire et les énergies renouvelables. « Notre objectif est d’envoyer un signal très clair sur le prix de l’électricité : pas d’augmentation de la fiscalité sur l’électricité sur cinq ans », promet, par exemple, Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre de la Transition écologique et responsable du programme présidentiel de Gabriel Attal. Le candidat trentenaire inscrit sa volonté d’atteindre « la neutralité carbone » d’ici à 2050. Là-dessus, il est parfaitement aligné avec son rival Édouard Philippe qui vise ce même objectif depuis longtemps : il l’annonçait dans son discours de politique générale en 2017.