Les grands laboratoires pharmaceutiques espèrent des concessions lors de la présidentielle de 2027

Par Myriam Chauvot
Les géants pharmaceutiques étrangers espèrent des concessions à l'occasion des présidentielles françaises. Le syndicat professionnel qui les représente, le Leem, a présenté son analyse. Il alerte sur le déclin du secteur en France, faisant écho au constat dressé à l'échelle du Vieux Continent par la lettre ouverte publiée mardi par les grands laboratoires européens. Mais dur d'obtenir une revalorisation des prix des médicaments quand il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'Assurance Maladie. De surcroît, le climat est délétère. Les laboratoires présentent leurs demandes aux présidentiables français au moment où des fuites, Outre-Atlantique, révèlent qu'ils se sont engagés (au moins pour certains d'entre eux) à reverser en cash aux autorités américaines une partie des hausses de prix qu'ils parviendront à obtenir ailleurs dans le monde, en Europe notamment…
Programmation pluri-annuelle
Reste que la France va devoir réagir, car « plus de 20 millions de Français auront plus de 65 ans en 2050 et un Français sur quatre sera atteint d'une affection de longue durée d'ici 2035, ces pathologies représentant déjà près de 75 % des dépenses de l'Assurance Maladie », a rappelé le Leem. Et le besoin accru de médicaments à l'avenir ne créera pas d'emplois en France, car elle a perdu son appareil industriel. « En un peu plus de vingt ans, la France est passée d'environ 20 % à 8 % des exportations pharmaceutiques européennes ; seules 10 % des 448 nouvelles indications autorisées dans l'Union depuis 2021 disposent d'un site de fabrication en France », poursuit le syndicat. Le Leem a peu de chance d'obtenir des revalorisations, mais il lorgne aussi dans une autre direction : s'inspirer de l'armée… « La défense bénéficie d'une trajectoire pluriannuelle de 413 milliards d'euros sur sept ans, votée par le Parlement, qui donne de la visibilité aux armées, à l'industrie et à l'Etat », remarque-t-il. Les laboratoires aussi, veulent de la visibilité, et soulignent qu'une loi de programmation pluriannuelle permettrait de mieux tirer profit des nouveaux médicaments. Exemple : à l'arrivée de la forme sous-cutanée des anti-inflammatoires de type « anti-TNF alpha », la France, qui n'a rien anticipé, « a maintenu la prise en charge dans le circuit hospitalier » alors que « l'Allemagne a saisi cette innovation pour basculer la prise en charge en ville. 10 % des patients restent traités en hôpital de jour, contre 60 % en France » qui passe ainsi à côté d'importantes économies potentielles. Sur cette demande, le Leem pourrait bien être enfin entendu, à l'heure où l'Etat traque les économies.