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Comment un étudiant ingénieur des Côtes-d'Armor veut simplifier les cours à distance

Les Échos · 22/09/2026 · ← revue

Un ordinateur à ouvrir, une caméra à régler, une visioconférence à lancer… tout en continuant à faire cours devant les élèves présents : le cours hybride,en présentiel et en distanciel donc, peut vite tourner au casse-tête pour un enseignant. C'est cette contrainte qu'Arthur Blamart veut faire disparaître. À 23 ans, l'élève-ingénieur de l'ENSSAT, (Ecole Nationale Supérieure des Sciences Appliquées et de Technologie) de Lannion dans les Côtes-d'Armor, développe VizeoCast, un boîtier conçu pour prendre en charge automatiquement la diffusion d'un cours aux élèves restés à distance. Le jeune entrepreneur a identifié le besoin en échangeant avec des enseignants et des chefs d'établissement. « Enseigner à une classe entièrement à distance et ou présente en face de soi, ce sont deux métiers complètement différents », résume-t-il.

Un boîtier pour oublier la technique

VizeoCast prend la forme d'un boîtier compact, placé au fond de la salle et connecté au Wi-Fi. Une pression suffit pour lancer la visioconférence. Deux caméras filment la classe : l'une suit automatiquement l'enseignant, l'autre se concentre sur le tableau. Un micro doit récupérer sa voix sans qu'il ait à porter d'équipement. Le système repère automatiquement où se trouve l'enseignant et adapte l'image. Côté élèves, un QR code ou un code à six chiffres permet de rejoindre le cours depuis une simple page web. « La principale mesure sera de voir si l'enseignant peut faire son cours normalement, quitte à oublier qu'il est filmé », explique Arthur Blamart. Le premier prototype fonctionnel doit bientôt être présenté aux professionnels rencontrés.

Tester avant de se lancer

Ce boîtier est présenté comme une alternative aux salles spécialement équipées pour l'enseignement hybride, souvent coûteuses. Le modèle économique reste à préciser. Le jeune entrepreneur envisage un abonnement comprenant le boîtier, son installation, sa maintenance et les frais liés à la diffusion des cours en ligne. Le projet a reçu 2.000 euros de la Fondation de l'Université de Rennes, via Pépite Bretagne, dans le cadre de la bourse Coup de Pouce. Cette enveloppe a financé le matériel du premier prototype. En dernière année d'école d'ingénieurs, spécialisé en informatique et en intelligence artificielle, Arthur Blamart bénéficie aussi du statut national d'étudiant-entrepreneur et de l'accompagnement de la technopole Anticipa à Lannion. L'ingénieur a déjà identifié 23 établissements intéressés pour tester le dispositif, principalement dans le secondaire. Prochaine étape : recueillir leurs retours, obtenir les premières lettres d'intention, puis créer l'entreprise et lancer cinq appareils pilotes.

Stéphanie Bescond